26 mai 2009, 3:10
Par: Jean-Claude Bourbonnais
En réaction à l'article: Zoé Valdés · La dynastie Castro

Castro, une fiction criminelle

Un jour, il faudra bien qu'un de nos grands intellectuels en rupture avec les sectes universitaires vienne nous expliquer le silence assourdissant de nos penseurs de gauche devant la dictature de Fidel Castro, le fossoyeur maximo d'un peuple admirable, qui semble vouloir se perpétuer à travers sa progéniture, des fous furieux, s'il faut en croire Zoé Valdés.

Nous somme sans doute en présence, ici, d'un négationisme élémentaire, primordial , qui remonte loin dans l'Histoire du peuple québécois, chez une élite qui ne s'est jamais remise de l'entrée du Québec dans la modernité. Le véritable refus global de nos intellos des années cinquante et soixante, de Vadeboncoeur à Falardeau, ce n'est pas celui de Borduas, mais bien plutôt celui de toute une classe sociale qui n'a jamais accepté que les Québécois, des mécréants incultes,à leurs yeux, se définissent de plus en plus comme nord-américains, et non plus Européens originaires de la France des Lumières.

Castro n'a jamais donné quelque pouvoir réel que ce soit , dans ses gouvernements criminels, à des Noirs, qui composent 65% de sa population. En cela il affiche une fidélité sans faille avec ses ancêtres espagnols qui firent la traite des Noirs dans une Amérique jusque là assez innocente, et violée sans pitié par eux. La glorification à outrance de nos Patriotes, des notables et des bourgeois assez à l'aise, serait tout à fait justifiable s'il n'y avait pas derrière toute cette fiction, habilement trafiquotée par Falardeau dans son film "15 Février 1839", une volonté secrète de nous les imposer comme des guides infaillibles. Des leaders maximos, en quelque sorte,dont il est interdit de chercher à comprendre les motivations inavouées de leur révolte.

Pourtant, Louis-Joseph Papineau,en fuite aux USA, nous voyait déjà, dans l'avenir,comme  nation française politiquement nommée dans une Amérique du Nord anglaise à la tête du monde civilisé. À l'instar de  Zoé Valdés, Papineau était un exilé,ce que plusieurs de nos gauchistes ne lui pardonnent pas, encore aujourd'hui. Il aurait dû mourir au combat, c'aurait été conforme au mythe qu'on s'échine encore à répandre sur sa personne. Comme on l'a fait niaiseusement avec Le Che, qui se révèle à l'épreuve du temps, tel qu'il fut vraiment, un "gun slinger" délirant, lui le boucher de "La Cabana", cette prison des "traîtres", où furent assassinées des centaines de personnes,après des procès sommaires, parmi lesquelles se trouvaient des professeurs, des médecins,...

En réalité,le Québec de Papineau ressemble fort à celui du Cuba que Zoé Valdés voudrait voir advenir de son vivant.

Longtemps je me suis questionné sur les motivations profondes qui incitent tant de Québécois à aller à Cuba, depuis cinquante ans, en dépit de la dictature impitoyable qui y règne. Insouciance, méconnaissance de l'Histoire, lessivage de cerveau de notre gauche hypocrite? Un peu tout cela. Mais en même temps, je me demande si nous  ne nous reconnaissons pas un peu beaucoup dans ce peuple de chanteurs , de danseurs, de poètes, de conteurs, de chantres de l'oralité, dans un territoire, sur un continent où nos deux peuples sont venus au monde par hasard, un de ces hasards de l'Histoire que nous n'arrivons pas à expliquer. Il y aurait une parenté organique, prodigieuse entre les poèmes de Zoé Valdés et ceux de Gaston Miron. L'Homme Rapaillé serait aussi cubain dans l'âme( et tout aussi incertain) et c'est sans doute  pour cela que nos nationaleux ne cessent de prendre Miron en otage, à  brandir ses poèmes comme une arme quand vient le temps de vomir sur l'Amérique, et sur les USA en particulier.

J'aime à rêver que la libération de Cuba coïncidera avec celle du Québec. Et je vous laisse deviner à votre guise quels seraient les derniers à s'y opposer avec acharnement, ici,  au Québec ....

Castro, une fiction criminelle - Jean-Claude Bourbonnais
http://www.voir.ca/blogs/fort66/archive/2009/05/26/castro-une-fiction-criminelle.aspx