La Chine, nouveau grand frère
le 17/08/2009 à 05h22
Les Chinois investissent tous azimuts à Cuba. Pékin a déjà résolu une grande partie des problèmes de transport dans l'île.

« J'étudie l'espagnol depuis cinq ans à La Havane. En Chine, tout le monde veut apprendre l'anglais et il est difficile d'y apprendre l'espagnol. Nous sommes peu nombreux à parler cette langue et cela peut être un plus professionnellement », confie un jeune chinois originaire du Xinjiang sur le campus de l'École Latinoaméricana Asiatica de Tarara.

À 20 km de la capitale cubaine, près des longues plages de l'Est de Havane, Tarara est une ville interdite aux étrangers, gardée par des vigiles. Ancien lieu de villégiature de militaires et gigantesque centre médical où l'on soigne les enfants de Tchernobyl, Tarara accueille une école où 1100 jeunes chinois apprennent l'espagnol. Certains y passent quelques mois, d'autres des années. Ils sont logés dans un HLM soviétique orné d'une gigantesque fresque de Fidel Castro.

Dans cet étrange campus, des couples asiatiques se promènent avec des ombrelles, abrutis de chaleur. Les rues sont proprettes. Les Chinois ont leurs propres plages. Le soir, des jeunes pékinois maigrichons s'encanaillent sur des airs de salsa endiablée avec les prostituées du petit bar qui fait face à Tarara. « Ils ne sont pas très amusants ces Chinois », conte Lisandra, une beauté affriolante.

Deuxième partenaire économique de Cuba

La Chine est désormais le deuxième partenaire économique de Cuba, après le Venezuela. Entre 2000 et 2007, les échanges entre les deux pays ont quintuplé pour atteindre 2,6 milliards de dollars.

Le président chinois Hu Jintao s'est rendu à la Havane en novembre dernier. Avec leur soif de matières premières, les Chinois s'intéressent au nickel cubain. La Havane a acheté des milliers d'autobus Yutong et des centaines de locomotives chinoises. Grâce à l'empire du Milieu, les Cubains marchent moins.

Raul Castro, un moment tenté par le modèle chinois, a fermé la porte en fin d'année. Le journal officiel du Parti, Granma, a critiqué la Chine, « sa distribution inégale des revenus et la différence marquée entre les villes et les campagnes ».

Les Chinois n'ont pas plus gagné l'estime des Cubains. Yoel, chauffeur d'autobus, s'esclaffe : « Savez-vous comment on dit mauvaise qualité en Chinois ? Yutong. »

La Chine, nouveau grand frère
http://www.lalsace.fr/fr/france-monde/article/1885830,218/La-Chine-nouveau-grand-frere.html