31 juillet 2009
Des stars d'Hollywood à Cuba
Des stars d'Hollywood à Cuba
Société 31/07/2009 - 06:27
Quatre acteurs américains sont arrivés à Cuba mercredi, l'un pour recevoir une récompense et les autres pour un "projet de recherche", dernier signe en date de l'amélioration des relations entre les Etats-Unis et l'île caraïbe. Il s'agit de Benicio del Toro, Bill Murray, Robert Duvall et James Caan, a indiqué jeudi un porte-parole du petit groupe. Les quatre acteurs voyagent à Cuba en vertu d'une autorisation qui leur a été spécialement délivrée par le département américain au Trésor. C'est pour son interprétation du "Che" que Benicio del Toro s'est rendu à Cuba, où des artistes et intellectuels lui ont remis jeudi une récompense.
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Cuba, confrontée à une crise "très grave", révise ses prévisions de croissance à la baisse
Cuba, confrontée à une crise "très grave", révise ses prévisions de croissance à la baisse
vendredi 31 jui, 11 h 17
Par Will Weissert, The Associated Press
LA HAVANE - Cuba est confrontée à une crise économique "très grave": les dirigeants du régime castriste ont revu vendredi à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2009 et suspendu indéfiniment l'organisation du congrès du parti communiste, dont la tenue avait été annoncée pour cette année.
Le Comité central du parti communiste a abaissé ses estimations de croissance annuelle pour 2009 de quasiment un point: auparavant évaluée à 2,5%, elle n'est plus désormais que de 1,7% pour l'année en cours. Un chiffre à prendre au conditionnel car généralement peu crédible, même sans crise. Il s'agissait de la deuxième révision à la baisse des prévisions de croissante: en décembre, les responsables du plan tablaient sur 6% pour 2009.
Les responsables du parti ont également décidé de suspendre indéfiniment la tenu du premier congrès du PCC depuis 1997, qui avait été annoncée pour le second semestre 2009. Le Congrès a traditionnellement lieu tous les cinq ans, pour renouveler les instances dirigeantes du part et fixer les grandes lignes politiques, mais le pouvoir castriste a rompu avec la tradition au cours de la dernière décennie.
Trois cyclones ont causé plus de dix milliards de dollars de dégâts sur l'île caraïbe l'été dernier, et la situation s'est aggravée avec la récession mondiale.
Le quotidien officiel "Granma" a cité le président Raul Castro qui, au cours de ce Comité central tenu à huis clos, a déclaré que "les choses sont très graves et nous sommes en train de les analyser". Le sixième Congrès du parti est donc reporté "jusqu'à ce que nous ayons surmonté cette phase cruciale", a-t-il ajouté.
Face à la crise, la consigne est au rationnement de l'énergie: les usines tournent aux ralenti, l'air conditionné plus du tout et l'électricité est ramenée au strict minimum, quelques petites heures par jour. "Granma" a évoqué de futures restrictions, sans préciser le détail des mesures à venir: mais on devrait en savoir plus après la réunion du parlement, qui ouvre samedi une de ses deux sessions annuelles.
Cuba, confrontée à une crise "très grave", révise ses prévisions de croissance à la baisse - Yahoo! Actualités
http://qc.news.yahoo.com/s/capress/090731/finance/20090731_cuba_economie_1
28 juillet 2009
Les paradoxes de l'économie cubaine
Les paradoxes de l'économie cubaine
Carmelo Mesa-Lago *
En fin 2009, la «Révolution cubaine» aura vécu un demi-siècle et un an. En effet, le 1er janvier 1959 Castro entrait à La Havane, avec un appui populaire massif.
La «période spéciale», suite à «l'implosion de l'URSS», aura vingt ans. C'est un an après 1989, qu'une sévère crise économique s'est déclenchée; une récupération partielle s'est opérée au début des années 2000, sans atteindre le niveau de 1989.
En fin 2009, Raul Castro sera – de fait, puis officiellement – «au pouvoir» depuis trois ans et demi et président du Conseil d'Etat depuis 22 mois. En juillet 2007, Raul Castro ouvrait, lors d'un discours, un débat sur les réformes économiques possibles, avec des mesures appliquées depuis avril 2008, alors que la crise du capitalisme international s'accentue. Le rôle de Fidel Castro reste fort important.
Il est difficile d'appréhender l'évolution de la situation économique et sociale, car au cours de la période 2000-2006, la publication des statistiques officielles a été limitée. Depuis 2006, il est possible de les obtenir assez facilement sur le site www.one.cu.
Toutefois, leur interprétation pose des problèmes difficiles. On peut en mentionner deux. La CEPAL (La Commission économique pour l'Amérique latine et la Caraïbe – de l'ONU) dans ses séries n'inclut souvent pas Cuba, ce qui est lié à la «marginalisation» politique de Cuba. Les comparaisons sont donc difficiles. Ainsi Cuba n'apparaît, dernièrement, que dans trois tableaux statistiques de la CEPAL: le taux de croissance du PIB (Produit intérieur brut), le PIB par habitant et le chômage urbain apparent.
On ne dispose pas de données – CEPAL – pour: la formation brute de capital fixe (investissements), les transferts nets de capitaux, l'évolution des prix à la consommation. Le rapport entre la dette extérieure par rapport au volume des exportations n'est pas disponible. De plus, pour ce qui relève des données macroéconomiques, la CEPAL donne les chiffres officiels cubains, avec une note explicative. La CEPAL fournit ses propres estimations, mais pas pour 2005-2007.
Les différences sont assez importantes, comme le souligne Carmelo Mesa-Lago. D'une part, un changement est intervenu dans le calcul de l'indice de base de référence pour le calcul du PIB à prix constant. L'administration a passé d'un indice remontant à 1981 à un indice partant de 1997, avec des chiffres publiés en 2001; ce qui a conduit à une forte hausse de la valeur estimée (calculée) du PIB entre 1996 et 2000. D'autre part, suite à des critiques de la méthodologie internationale d'estimation du PIB (faites entre autres par Fidel Castro en 2002), un changement est intervenu dans l'approche du calcul du PIB.
Le ministre de l'économie Rodriguez [sur l'altération brutale de l'équipe dirigeante, voir l'article publié sur ce site le 13 avril 2009] a modifié la parité de pouvoir d'achat du peso pour l'achat d'un panier de biens. Cette modification, par rapport aux taux de change conventionnels, a abouti une estimation en hausse du PIB. Ainsi, pour 2003, deux chiffres ont été donnés: l'un de 2,6 % pour 2006; l'autre de 3,8%.
Ce dernier chiffre impliquait l'ajout, en termes de valeur, de services dont l'accès est gratuit pour la population, mais qui doivent être subsidiés, ce qui va de soi. Ce changement est certes acceptable. Toutefois, il pose des problèmes pour des comparaisons internationales. Pour simplifier la question est la suivante: si des opérations du cœur sont effectuées à Cuba, pour des Cubains, comment fixer leur valeur en termes monétaires, soit à partir d'un panier de monnaies dollars, euros et autres ? Pour simplifier: selon ce qu'aurait payé par un patient venant du Canada ou du Mexique. Et ils sont nombreux. C'est ce qui est fait dans la nouvelle méthode adoptée. C'est un élément important du changement de calcul du PIB et ces services ont une grande place à Cuba.
Ces brèves indications «techniques» permettent de saisir les diverses estimations avancées par Carmelo Mesa-Lago. (Réd.)
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Selon Ariel Terrero, commentateur de la télévision cubaine, la centralisation et la planification socialistes permettent au gouvernement cubain de prendre des mesures rapides, de donner la priorité aux investissements stratégiques «afin d'administrer le capital restreint dont dispose la nation». Cuba n'a pas de plan économique – il devrait être approuvé par le Congrès du Parti à la fin 2009, mais on n'en parle pas – face à la pire crise que Cuba traverse depuis l'effondrement de l'URSS. De plus, l'équipe économique dirigeante, dans sa totalité, a été renvoyée au milieu de la crise.
La croissance est passée de 12,5% à 4,3% entre 2007 et 2008. Pour 2009, l'objectif officiel est de 6%. En avril 2009, la CEPAL (Commission économique pour l'Amérique latine et la Caraïbe - de l'ONU) a prévu que Cuba serait une des quatre économies latino-américaines qui va connaître une croissance de 3%. Le ministre cubain de l'économie, en mai 2009, estimait qu'elle «dépasserait le 2%». Pavel Vidal, du Centre d'études de l'économie cubaine, à l'Université de La Havane, envisage trois scénarios: l'optimiste, avec une croissance de 2,5 %; l'intermédiaire, avec une croissance de 1 % et le pessimiste avec moins de 0,5 %. Cette dernière prévision paraît la plus probable à la lumière de ce qui s'est passé au cours de la première moitié de l'année 2009 est d'une croissance mondiale estimée par la Banque mondiale à -3 %. Le nombre de touristes, source de devises clé a diminué, dès février 2009, et a chuté de 2,6 % en mars. Les revenus issus du tourisme ont diminué de 14 % au cours du premier trimestre 2009 [1]. Le ministère cubain du tourisme a averti qu'ils diminueront encore tout au long de l'année 2009, parce que le nombre de voyageurs se réduira sous l'impact de la crise économique mondiale.
La production de nickel, autre source importante de devises [2], et qui représente la moitié des exportations cubaines, a chuté de 8 % en 2008. De plus, le prix mondial du nickel a plongé de 80 %. Il en découle que son exploitation est presque non-rentable. La récolte de cannes à sucre a été de 1,3 million de tonnes, 13 % de moins qu'en 2008 et la demande de cigares (puros) s'est contractée.
La balance commerciale des biens a connu un déficit en 2008 de 7,9 milliards d'euros sous l'effet d'un tassement des exportations, alors que les importations augmentaient de 43 %. Selon le ministre du commerce extérieur, le déficit s'est accentué au cours du premier trimestre 2009. 78 % du total des échanges renvoyaient aux importations et seulement 22 % aux exportations. La perte de devises, sous les effets de la chute des entrées liées au tourisme ainsi que suite au déclin du prix du nickel, est estimée à 740 millions d'euros. Ce qui impliquera une réduction de l'importation de biens de première nécessité.
Malgré la suspension par Obama des restrictions concernant les envois de devises depuis les Etats-Unis, diverses études indiquent que ces envois de devises étrangères (avant tout ceux effectués par les membres de la «communauté cubaine» aux Etats-Unis) se réduiront à cause de la crise qui frappe l'économie américaine. Elle touche le plus durement les migrants récents, qui sont ceux qui envoient le plus de dollars à leurs familles à Cuba.
La dette extérieure s'élève à 13,56 milliards d'euros en 2008. Cela équivaut à 380% de la valeur totale des exportations [3]. Cette situation de manque de liquidités s'est aggravée en 2009, suite aux difficultés rencontrées par Cuba pour l'obtention de prêts, prêts qui coûtent à Cuba [Cuba n'a accès, étant donné son endettement, qu'à des crédits à court terme qui sont plus chers] 20 à 30% de plus [donc sur les taux d'intérêts exigés par les créanciers] que pour les autres pays.
Les banques étatiques cubaines disposent de peu de devises et sont souvent à la limite de l'insolvabilité. Quelque 80 entreprises étatiques ont dû restructurer leurs dettes face à leurs créanciers étrangers. Les comptes bancaires de centaines d'entreprises mixtes ont été bloqués depuis des mois par le gouvernement qui empêche la sortie de profits et qui bloque des paiements à des fournisseurs étrangers. La Banque centrale exige une autorisation pour toutes les transactions supérieures à 10'000 pesos convertibles). Cuba a repoussé l'invitation de l'OEA (Organisation des Etats américains) qui lui suggérait de demander sa réintégration [Cuba considère son expulsion de l'OEA comme non justifiée et Castro considère l'OEA, avec de bonnes rasions, comme sous influence américaine]. Intégration qui lui aurait facilité, par la suite, son accès à des prêts dont elle a besoin, car, par le biais de l'OEA, Cuba deviendrait membre de la Banque interaméricaine de développement (BID).
Une réunion d'économistes, dont le compte rendu a été fait dans le quotidien Granma, indiquait d'autres problèmes. La demande de produits cubains par la Chine et la Russie a diminué; les investissements étrangers ont chuté de 70% et les investissements internes ont déjà été réduits. Des entreprises sont fermées (pneumatique, emballage d'aluminium pour les conserves, produits laitiers) à cause du manque de produits intermédiaires importés et de crédits extérieurs; la dévaluation du dollar face au peso convertible (qui n'a pas été, de façon miraculeuse, affecté par la crise) renchérit le tourisme vers Cuba et diminue les achats faits par les visiteurs. Il en découlera moins de biens alimentaires et de biens d'habillement pour la population cubaine.
Les transports publics à La Havane se sont améliorés grâce à l'importation de 500 autobus chinois, mais le total de la flotte équivaut à 43 % de celle qui existait en 1990. Le manque d'entretien, le remplacement des pneumatiques, la rareté des pièces de rechange a provoqué une nouvelle détérioration des moyens de transport alors que le gouvernement poursuit de ses foudres les taxis illégaux. Plus de 75% des rues de la capitale ont besoin d'être réparées.
Le plan de paiement des salaires liés aux résultats – pilier des réformes de Raul Castro et approuvé il y a 17 mois – ne s'applique qu'à 18% de la force de travail. Les administrateurs des entreprises le rejettent, parce que les techniciens pourraient gagner beaucoup moins que les ouvriers ayant une haute productivité. Le salaire réel a diminué de 3,4% en 2008 et il est prévu qu'il baissera aussi en 2009.
Sur les 100'000 demandes présentées il y a 10 mois pour l'obtention de terres non cultivées appartenant à l'Etat, 73 % ont donné lieu à un contrat, mais seulement 38 % ont été remis aux demandeurs, et cela en usufruit et 20 % seulement ont été semés. Quelque 60% des terres sont infestées par le «marabu» [une plante qui porte atteinte au sol, aussi bien pour l'agriculture que pour l'élevage; elle doit être arrachée; les articles dans Granma sont nombreux à ce sujet]. Le 80 % des usufruitiers manquent d'expériences; ils font face à des crédits inexistants ou insuffisants; ils manquent de semences, d'engrais et de matériel agricole.
Des tonnes de tomates, de betteraves rouges, d'oignons, de patates, de carottes et de cressons ont été perdues par l'incapacité des infrastructures étatiques de les récolter, de les stocker, de les transformer et de les conditionner (conserveries). La production agricole a chuté en moyenne de 7,3 % au cours du premier semestre de 2009 par rapport à 2008: 61 % pour la banane, 33 % pour la viande de porc et 28 % pour la volaille. En 2008, les importations de 80 % des aliments de base ont coûté à Cuba 1,85 milliard d'euros [une partie importante est importée depuis les Etats-Unis].
Pour réduire cette facture, en 2009, ont été réduites de moitié les rations de haricots et de petits pois. Les prix sur les marchés agricoles ont continué à être congelés 9 mois après les ouragans [Gustav, Ike, Paloma, les trois en 2008]. Beaucoup de produits manquent. Même les magasins en devises manquent de poulets, de viande hachée de bœuf, de papiers hygiénique et de dentifrice. Le prix du lait en poudre et celui des conserves est très élevé.
Pour faire face à ces problèmes Juventud Rebelde – quotidien de la «jeunesse cubaine» – a annoncé une expérience qui a eu lieu à La Havane: des entreprises d'Etat ont passé des accords directement avec des paysans et des coopératives. Ces dernières doivent se charger de la collecte, du transport et de la vente en gros leurs produits (cela s'effectue avec le ministère du commerce intérieur et non pas l'organisme chargé de l'approvisionnement). Les ouvriers agricoles gagneront 0,13 euro pour chaque 50 kilos de production et le nombre de marchés agricoles sera doublé à la fin de l'année 2009.
Le plan d'approvisionnement en combustible a été dépassé de 8 % au premier trimestre 2009. Si cette tendance se maintient, il faudra importer 250'000 tonnes de pétrole brut. Pour cette raison, le gouvernement a ordonné une réduction de 12 % de la consommation électrique et a infligé des amendes à des centaines d'entreprises qui ne respectent pas le plan. Il n'y a plus de climatisation dans les magasins et les cinémas; on ne peut plus utiliser de ventilateurs dans les maisons. On est retourné aux interruptions de courant qui avaient pris fin avec la «révolution énergétique» de Fidel.
Il y a trois origines possibles à cette réduction de l'énergie électrique. La première, Chavez pourrait avoir réduit l'envoi de 150'000 barils quotidiens suite à la chute des prix mondiaux du pétrole et des revenus qui en découlent pour son pays. La deuxième a trait aux exportations de brut national, selon le ministère du commerce extérieur, elles se monteraient à 650 millions d'euros. Toutefois, le pétrole cubain contenant beaucoup de soufre, il est possible que cette somme soit le résultat d'une réexportation du pétrole vénézuélien déjà raffiné (comme cela avait lieu déjà avec le pétrole soviétique). La troisième, la production interne déjà stagnante en 2008 a encore plus reculé en 2009 et donc le besoin d'énergie électrique a reculé. Les groupes électrogènes installés par Fidel n'ont pas résolu, sur le fonds, le déficit énergétique.
La crise n'a pas atteint les sommets connus en 1992-1994. Et ce pour trois raisons. Chavez assure l'envoi de 65% du pétrole nécessaire à des prix subventionnés pour une somme équivalente à 1,85 milliard d'euros [selon les estimations, qui fluctuent] et le gouvernement vénézuélien verse 4 milliards d'euros pour les 40'000 enseignants, médecins, etc. cubains qui travaillent au Venezuela. De plus, 65% de Cubains reçoivent des envois de devises (remesas) de l'étranger. Néanmoins, si l'économie ne croît que de 0,5 %, Cuba connaîtra le chômage le plus fort connu depuis 1994.
Avant cette grave crise, on devait déjà préparer le VIe Congrès du parti communiste, qui devait se tenir, comme l'a annoncé Raul Castro il y a un an, lors du second semestre de 2009. Le dernier Congrès s'est tenu en 1997, bien que les statuts exigent un Congrès tous les cinq ans.
Le Congrès à venir doit approuver le plan économique pour 2010-2014 et la stratégie face à la crise. Pourtant, lors des réunions locales du parti en 2009, ces questions n'ont pas été mentionnées. Les ordres du jour des assemblées locales ne comportent pas ce thème de discussion. Or, ces assemblées doivent élire les délégués qui devant discuter du plan. Il existe une rumeur que le Congrès sera postposé à cause de la crise.
Cependant, l'économiste indépendant cubain Oscar Espinosa Chepe, donne trois raisons à la situation actuelle de renvoi possible du Congrès: l'insatisfaction populaire; le danger que la discussion échappe au contrôle et l'obstination à ne pas entreprendre des réformes économiques profondes telles que recommandés par de nombreux économistes du pays.
De là le grand paradoxe de la situation cubaine: une économie centralisée qui ne tire pas avantage de son pouvoir pour planifier et pour établir une stratégie cohérente qui la sorte du marasme dont elle souffre. (Traduction A l'encontre)
* Carmelo Mesa-Lago est professeur émérite d'économie et d'études latino-américaines à l'Université de Pittsburgh. Il a publié de nombreux ouvrages sur Cuba et sur le système de sécurité sociale en Amérique latine, ce qui lui a valu les honneurs de l'OIT (Organisation Internationale du Travail) en 2007. Né à Cuba, favorable tout d'abord à la révolution de 1959, il a quitté l'île en 1962. Il subit des attaques aussi bien de la part des anti-castristes (site Por Cuba y para Cuba) qui le traite «d'apologistes» du régime, que des «pro-castristes» qui le considère comme «unilatéralement critique». Lors de la publication de son premier ouvrage, The Economy of Socialist Cuba. A Two-Decade Apparaisal, Albuquerque, University of New Mexico Presse, 1981, la revue française Tiers-Monde écrivait (1983, vol.24, N° 93, p.219), sous la plume de Maxime Haubert, écrivait. «Peut-être est-ce l'un [parmi les auteurs] des plus objectifs: en tout cas, bien qu'il ne cache pas ses critiques, il ne force pas le trait et manifeste sa sympathie pour plisieurs des réalisations du régime.» Certes Haubert indique que C. Mesa-Lago demandait peut-être un peu trop à la Révolution, dans le délai de vingt ans et compte tenu du blocus nord-américain, sans même mentionner les séquelles de l'ancien régime, en termes de luttes contre les inégalités. Depuis lors, Carmelo a publié de nombreux articles et ouvrages sur Cuba, parmi lesquels il faut citer: Cuba's Aborted Reform: Socioeconomic Effects, International Comparisons, and Transition Policies (écrit avecJorge F. Perez-Lopez) University Press of Florida, 2005. (Réd.)
1. Le type de tourisme actuel exige des importations de biens intermédiaires et de biens de consommation qui sont voraces en devises. Le calcul des recettes nettes de devises dans ce secteur mériterait d'être fait ou le résultat connu. (Réd.)
2. Parmi les sources de devises, il faut mentionner: le nickel, le tourisme, les «remesas», les IDE (investissements étrangers), les services rendus par les médecins et les enseignants cubains envoyés à l'étranger (le chiffre n'est pas connu). Il faut y ajouter, l'exportation de médicaments, de produits de la pêche et d'agrumes. Le sucre et les cigares n'ont plus la place occupée dans le passé. A cela, il faut ajouter, de fait, la fourniture de pétrole par le gouvernement vénézuélien; selon le prix du pétrole sur le marché mondial (qui est très fluctuant), le prix très bas fait à Cuba implique un subside très important. (Réd.)
3. Dans Le monde du 22 août 2006, C. Mesa-Lago estimait la dette extérieure à 13 milliards de dollars; sans compter les 26,7 milliards de dollars comptabilités par la Russie et les «ex-pays socialistes». (Réd.)
(24 juillet 2009)
A l'encontre
http://www.alencontre.org/Cuba/CubaMesaLago07_09.html
L'économie cubaine dans une impasse ?
L'économie cubaine dans une impasse ?
Olivier Schmouker, Lesaffaires.com
08:15
Le président cubain Raul Castro l'a reconnu dimanche à demi-mot dans un discours prononcé à Holguin, le jour anniversaire de la Révolution : le système économique actuel ne fonctionne plus.
«La question n'est plus de scander des slogans comme 'La patrie ou la mort', 'À bas l'impérialisme' ou encore 'Nous souffrons du blocus'. La terre est là, qui attend nos efforts. Voyons si nous nous mettons au travail ou pas, si nous produisons ou pas, si nous tenons parole», a dit celui qui a succédé à son frère aîné Fidel Castro en février 2008, en martelant son pupitre.
Pour commencer, Raul Castro a exhorté ses compatriotes à se lancer résolument dans le programme de redistribution des terres d'Etat en jachère. L'objectif? Cultiver des fruits et des légumes, et donc atténuer les continuelles pénuries de vivres.
L'Etat cubain a commencé l'an dernier à redistribuer les terres en jachère à des coopératives et à des agriculteurs indépendants. Depuis le lancement de ce programme, 82 000 candidats ont obtenu quelque 690 000 hectares, soit 40% des terres d'État en jachère.
Coupures d'électricité, fermetures d'usines, etc.
Ensuite, Raul Castro a signalé que le conseil des ministres allait se réunir ces prochains jours pour examiner l'impact de la crise mondiale sur l'économie cubaine, et «surtout la baisse importante des revenus provenant des exportations».
Ses concitoyens doivent par conséquent s'attendre à une nouvelle période de restrictions des dépenses de l'État. Ils pâtissent déjà de coupures d'électricité quotidiennes pour économiser l'énergie, de fermetures périodiques d'usines et de services réduits dans les transports en commun.
Raul Castro était allé jusqu'à décréter le gel des avoirs des entreprises étrangères dans les banques cubaines. Mais, cette mesure a été partiellement annulée, des entrepreneurs ayant menacé de cesser toutes leurs affaires avec Cuba.
Un régime impossible à réformer ?
Nombre de Cubains avaient espéré voir leur quotidien s'améliorer avec l'arrivée au pouvoir d'un autre homme que Fidel Castro. Des espoirs maintenant déçus…
C'est que l'économie cubaine s'est brutalement détériorée depuis l'avènement de Raul Castro. La principale réforme de ce dernier a consisté à redistribuer les terres de l'État en jachère, et voilà qu'il entend juste poursuivre dans la même veine, sans plus.
Est-ce à dire que le régime cubain est impossible à réformer? Ou bien que cela ne peut être fait par un dirigeant de 78 ans toujours en tenue de révolutionnaire? Seul l'avenir le dire.
Mais, un détail dans le discours de Raul Castro donne matière à réflexion : il n'a pas critiqué explicitement les Etats-Unis ni leur président Barack Obama comme étant la source des problèmes de Cuba, mais brièvement dénoncé les dégâts causés par le «blocus», selon le terme employé par La Havane pour désigner l'embargo commercial imposé depuis 47 ans par Washington. Comme si une porte venait de s'entrouvrir pour de prochains changements concertés…
L'économie cubaine dans une impasse ? - Détail d'article
http://www.lesaffaires.com/article/0/economie/2009-07-28/496270/leteacuteconomie-cubaine-dans-une-impasse-.fr.html
Les Américains débranchent leur panneau d'information à La Havane
Les Américains débranchent leur panneau d'information à La Havane
28/07/2009 16:30
Le gouvernement américain a débranché le panneau lumineux installé à l'extérieur de sa mission de La Havane qui diffusait des informations adressées aux Cubains, estimant qu'il ne contribuait pas à améliorer les relations avec les autorités de l'île.
Le tableau électronique, qui avait irrité le gouvernement communiste cubain lors de son installation en janvier 2006, "n'était vraiment pas efficace comme moyen de diffuser de l'information au peuple cubain", a expliqué lundi le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly.
Le panneau, où différents messages, dont des extraits de la Déclaration universelle des droits de l'homme, défilaient en lettres rouges de plus d'un mètre de haut, était installé à l'extérieur du cinquième étage de l'immeuble de la section des intérêts économiques américains à La Havane.
Mais il avait été obstrué par plusieurs constructions érigées par les autorités cubaines, notamment d'autres panneaux électroniques, et "il est évident que les Cubains ne réussissaient même pas à le lire", a expliqué M. Kelly.
En réponse au démontage du panneau américain, les Cubains "ont ôté quelques panneaux et des graffiti très négatifs près de la section des intérêts américains, ce que nous voyons comme un geste positif", a-t-il ajouté.
Les relations entre Cuba et les Etats-Unis, restées très tendues depuis la guerre froide, ont donné quelques signes d'amélioration depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama à Washington. Le dernier signe en ce sens a été une réunion ce mois-ci consacrée aux émigrants cubains, la première du genre depuis six ans.
Le président américain a levé certaines restrictions concernant les déplacements et les transferts d'argent vers l'île et a reconnu que l'embargo américain était un échec. Mais il a également critiqué lors du Sommet des Amériques en avril la politique cubaine en matière de droits de l'homme.
Les Américains débranchent leur panneau d'information à La Havane - Monde - Actualité - Le Vif/L'Express
http://www.levif.be/actualite/monde/72-58-37180/les-americains-debranchent-leur-panneau-d-information-a-la-havane-.html
Les Cubains appelés à travailler plus sans se soucier de l'embargo américain
Les Cubains appelés à travailler plus sans se soucier de l'embargo américain - 28/07/2009
Le président cubain Raul Castro a appelé le 26 juillet à Holguin ses compatriotes à travailler davantage sans prendre pour prétexte les difficultés causées par 47 ans d'embargo américain, dans un discours consacré à la grave crise économique.
Raul Castro a complètement laissé de côté les affaires diplomatiques dans ce discours prononcé devant des dizaines de milliers de personnes réunies sur la place de la Révolution de Holguin (750 km à l'est de La Havane), a constaté une journaliste de l'AFP.
"La terre est là, et les Cubains sont là. Nous verrons si nous travaillons ou non, si nous produisons ou non, si nous respectons notre parole ou non. Il n'est pas question de crier +la Patrie ou la mort+, +à bas l'impérialisme+, +le blocus nous frappe+. La terre est là et attend notre sueur", a martelé Raul Castro, 3 ans après avoir pris la relève de son frère Fidel, malade.
Rappelant la distribution en cours à de petits producteurs des terres en friche appartenant à l'État, il a une nouvelle fois insisté sur l'importance "stratégique" d'augmenter la production agricole afin de réduire les importations en la matière et "les dépenses en devises", dont l'État cubain manque cruellement.
Cuba importe jusqu'à 84% de ses besoins alimentaires, majoritairement des États-Unis qui excluent ces denrées de l'embargo controversé qu'ils maintiennent contre l'île.
Cuba a augmenté ses importations de denrées alimentaires d'un milliard de dollars en 2008, à 2,8 milliards de dollars, en raison des destructions causées par le passage de 3 ouragans. Ceux-ci ont fait au total, selon Raul Castro, "10 milliards de dollars de dégâts, soit 20% du PIB".
"En raison de l'impact qu'a la crise économique mondiale sur notre économie", Raul Castro a annoncé une réunion mardi dernier du gouvernement pour décider de nouvelles coupures dans "les dépenses prévues cette année". Le cabinet, a-t-il poursuivi, doit évaluer "la réduction significative des recettes provenant des exportations et les restrictions additionnelles pour accéder à des sources de financement extérieures", conséquences de la crise financière mondiale et de l'effondrement sur les marchés des prix du nickel, premier produit d'exportation cubain.
Les relations entre Cuba et les États-Unis-qui n'ont pas de liens diplomatiques depuis 1961 - sont très difficiles, mais moins tendues depuis l'arrivée à la Maison blanche en janvier de Barack Obama.
Le 26 juillet marque l'assaut, en 1953, de la caserne de Moncada à Santiago de Cuba par Fidel Castro, Raul et une centaine d'hommes.
AFP/VNA/CVN
(28/07/2009)
Courrier du Vietnam
http://lecourrier.vnagency.com.vn/default.asp?page=newsdetail&newsid=54502
Des crédits russes pour Cuba
Des crédits russes pour Cuba (Gazeta)
14:44 | 28/ 07/ 2009
MOSCOU, 28 juillet - RIA Novosti. Un projet d'accord russo-cubain portant sur l'octroi à Cuba d'un crédit public d'un montant de 150 millions de dollars a été publié lundi, indique mardi le quotidien Gazeta.
Cet argent doit être consacré au paiement par Cuba des livraisons de matériel agricole et de construction russes. Les modalités du crédit stipulent que La Havane utilisera l'argent emprunté durant deux ans à compter du moment de l'entrée en vigueur de l'accord. Les volumes, les prix et les délais des fournitures seront déterminés par les partenaires russes et cubains.
Le premier ministre Poutine a signé l'arrêté sur la conclusion de cet accord le 22 juillet. Le dernier octroi de crédits russes à "l'Ile de la Liberté" (pour un montant de 20 millions de dollars) date du début de l'année. Il a été effectué dans le cadre d'un accord intergouvernemental approuvé par le ministère des Finances à l'automne 2008, en pleine crise financière mondiale. Cet argent n'était pas destiné à soutenir l'économie cubaine, mais à acquérir des marchandises et services russes: des équipements de construction, énergétiques et agricoles.
Conformément à l'accord de 2008, les Cubains devaient recevoir avant 2010 des crédits sur dix ans pour un total de 335 millions de dollars au taux d'intérêt annuel de 5%. Mais à l'heure actuelle, selon le vice-premier ministre Igor Sétchine, Cuba a déjà dépensé la majorité de cette somme, à savoir quelque 300 millions de dollars.
En achetant des marchandises russes, Cuba peut choisir entre plusieurs variantes pour dépenser l'argent reçu, parmi lesquelles la modernisation du système de transports de l'île, les livraisons d'équipements pour reconstruire les centrales électriques, les systèmes d'irrigation, l'industrie du nickel, le système d'approvisionnement en eau, l'achat de radars pour l'aviation civile, ainsi que d'ascenseurs russes pour des gratte-ciels de La Havane.
Dans une perspective à court terme, l'achat par Cuba de produits russes pourra stimuler la demande et contribuer à la croissance de l'économie russe, indique le directeur du centre d'études économiques de l'Académie des finances et de l'industrie de Moscou Sergueï Moïsseïev. Mais dans une perspective à long terme, ces crédits risquent de ne pas être remboursés. Tout dépendra de la stabilité politique et économique de cet Etat, dit-il.
Selon l'expert, à l'heure actuelle, les principaux indices financiers du pays ne sont pas mauvais: le PIB se chiffre à 55,2 milliards de dollars, les recettes du budget à 41 milliards de dollars, la dette nationale constitue 33% du PIB. Même si Cuba ne peut pas rembourser sa dette à la Russie en espèces, elle sera à même de s'en acquitter. "Ils (Cubains) peuvent nous accorder des préférences et nous fournir à des prix avantageux du sucre, du tabac, des agrumes et du café, explique M. Moïsseïev. La Russie ne représente pas un marché stratégique pour Cuba, c'est pourquoi le financement de l'achat de marchandises russes au moyen de crédits russes profite à la Russie elle-même".
Cet article tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.
RIA Novosti - Économie - Des crédits russes pour Cuba (Gazeta)
http://fr.rian.ru/business/20090728/122485174.html
27 juillet 2009
Cuba: beaucoup de bruit pour rien
Cuba: beaucoup de bruit pour rien
le 27 juillet 2009 12h09 | par
Jean-Michel Demetz :
Le socialisme, ça ne marche pas.
Les thuriféraires de la Révolution cubaine - il y en a encore, dans les élites de la gauche sudaméricaine et dans les salons germanopratins- auraient intérêt à lire le dernier discours de Raoul Castro (78 ans), prononcé, hier, dimanche 26 juillet, à l'occasion du 56ème anniversaire de l'attaque de la caserne Moncada, la date la plus importante du calendrier révolutionnaire.
Le président cubain a implicitement reconnu l'improductivité du système économique et politique sur lequel son frère et lui règnent sans partage depuis plus d'un demi-siècle.
Que dit Raoul? " Que nous ne pouvons rester tranquilles tant qu'il reste un seul hectare de terre non employé." En 2007, le même avait reconnu que la moitié des terres détenues par l'Etat ne sont pas mises en culture.
L'île ne peut plus continuer à acheter à l'extérieur " pour des centaines et des milliers de millions de dollars" de biens qui pourraient être produits sur place.
Cuba, un pays agricole, importe 80% de sa consommation alimentaire.
De nouvelles restrictions devraient être annoncées mardi.
De source indépendante, on estime que la croissance cubaine sera négative cette année.
Comme les réformes lancées en Chine, voilà trente ans, l'ont prouvé, la solution passe par la libéralisation de la production. Mais le risque politique - revoir l'émergence de propriétaires et d'investisseurs nationaux - est insupportable aux vieillards de La Havane.
A Cuba, l'économie de la pénurie a encore de beaux jours devant soi.
Cuba: beaucoup de bruit pour rien - Nomades express - Lexpress
http://blogs.lexpress.fr/nomades-express/2009/07/cuba-beaucoup-de-bruit-pour-ri.php
26 juillet 2009
Raul Castro annonce des coupes dans les dépenses de l'Etat
Raul Castro annonce des coupes dans les dépenses de l'Etat
par RFI
Article publié le 26/07/2009 Dernière mise à jour le 26/07/2009 à 16:31 TU
Le président cubain, Raul Castro, n'a pas eu de paroles très encourageantes pour ses compatriotes à l'occasion du discours qu'il a prononcé dimanche à l'occasion de la fête nationale cubaine. Il a annoncé de nouvelles coupes claires dans les dépenses de l'Etat qui manque déjà cruellement de devises en raison de la crise économique internationale. Trois ans après avoir reçu les clés du pouvoir de son frère Fidel, le chef d'Etat communiste a une nouvelle fois souligné qu'il était important que le pays développe sa production agricole. Raul Castro a prononcé ce discours devant plusieurs milliers de personnes vêtues de rouge dans la ville d'Holguin, dans l'est du pays, dans le cadre des commémorations de l'attaque du 26 juillet 1953 contre la caserne de la Moncada, événement considéré comme le point de départ de la révolution castriste à Cuba.
Il va falloir se serrer la ceinture encore plus. En ce jour de fête nationale, le ton est plutôt austère à Cuba. Le président a annoncé de nouvelles réductions dans les dépenses nationales. La faute à la crise économique mondiale et à son impact sur l'économie cubaine, explique Raul Castro.
La crise vient aggraver le sort d'un pays endetté, dont la croissance baisse depuis 2006. Son principal produit d'exportation, le nickel, voit son prix s'effondrer sur les marchés mondiaux. Et le pays continue d'importer la quasi-totalité des produits alimentaires consommés.
Pour le chef de l'Etat, la priorité c'est donc l'agriculture. Aucun champ ne doit être laissé à l'abandon et il faut développer les cultures intensives pour manger cubain et réduire ainsi la dépendance envers l'étranger. C'est une question de sécurité nationale.
Lors de son discours, Raul Castro n'a pas parlé de ses relations avec Washington ni des réformes structurelles promises aux Cubains, au point mort depuis un an.
La politique d'austérité n'est pas nouvelle dans l'île. Depuis quelques mois, des « polices de l'électricité » effectuent des patrouilles pour sanctionner les fraudeurs et les gaspilleurs.
Un conseil des ministres doit se réunir dans les prochains jours pour décider des nouvelles coupes à effectuer dans le budget cubain.
RFI - Raul Castro annonce des coupes dans les dépenses de l'Etat
http://www.rfi.fr/actufr/articles/115/article_83073.asp
Cuba célèbre sa fête nationale dans la grisaille économique
26/07/2009 15:54
LA HAVANE (AFP) - Cuba célèbre sa fête nationale dans la grisaille économique
Les Cubains célèbrent dimanche leur fête nationale sans grand espoir de changements rapides en raison d'une grave crise économique, trois ans après le passage de témoin au sommet de l'Etat communiste entre Fidel Castro et son frère Raul.
Le plan d'austérité imposé à l'économie exsangue de Cuba et les relations - toujours difficiles mais moins tendues - de ce pays avec Washington devraient être parmi les sujets abordés par le président Raul Castro lors du traditionnel discours du "Jour de la Rébellion nationale".
Le 26 juillet marque l'assaut, en 1953, de la caserne de Moncada à Santiago de Cuba (sud-est) par Fidel Castro, Raul et une centaine d'hommes. Malgré son échec sanglant, cette attaque est considérée comme le point de départ de la rébellion qui allait conduire Fidel Castro au pouvoir en 1959.
C'est à Holguin (sud-est) que Raul Castro doit prononcer son discours, là où Fidel Castro a fait, il y a trois ans, sa dernière apparition publique avant de subir une grave opération chirurgicale aux intestins.
Depuis sa retraite médicale, le "Comandante", bientôt 83 ans, continue de veiller - avec des éclipses alimentant les rumeurs - sur l'évolution de la politique cubaine qui "garde le cap de l'orthodoxie, sans vraiment d'ouverture", estime un diplomate sous couvert de l'anonymat.
Les espoirs d'un assouplissement du régime, nés de l'arrivée au pouvoir du général Raul Castro, jugé plus pragmatique que son aîné, semblent être retombés au sein d'une population de nouveau confrontée à une crise économique et des rationnements d'électricité.
Longtemps à la tête des Forces armées révolutionnaires, Raul Castro, 78 ans, paraît cependant avoir pris ses galons de président en installant des proches - militaires - à des postes clefs et en effectuant ses premières tournées à l'étranger, notamment en Russie.
Il a gagné le soutien de toute l'Amérique latine contre l'embargo américain, obtenu la levée symbolique de 47 ans de suspension au sein de l'Organisation des Etats américains (OEA), permis la reprise de la coopération avec l'Union européenne et tendu la main au président américain Barack Obama. "Mais sur le fond, Cuba n'a pas bougé", selon ce diplomate.
Raul Castro a exclu toute négociation avec Washington sur le système politique cubain, le seul en Amérique dirigé par un parti unique, et a lié la libération de prisonniers politiques, au nombre de 200 selon la dissidence, à celle de cinq Cubains condamnés à de lourdes peines de prison aux Etats-Unis pour espionnage contre les milieux anticastristes en Floride.
Signe toutefois d'une détente, les deux capitales ont repris ce mois-ci les discussions sur les accords migratoires de 1994, suspendues sous la présidence de George W. Bush, après la levée par M. Obama des restrictions sur les voyages et envois de fonds des Cubains-Américains vers leur pays d'origine.
Mais le coup d'Etat du 28 juin au Honduras pourrait, selon des analystes, court-circuiter un rapprochement alors que Cuba accuse le Département d'Etat américain de soutenir les putschistes.
Sur le plan intérieur, Raul Castro a brutalement écarté en mars deux jeunes figures de proue du gouvernement, le chef de la diplomatie Felipe Perez Roque et de cabinet Carlos Lage.
Pour tenter de relancer une économie qui dépend largement des importations et des fournitures de pétrole du Venezuela, Raul Castro a autorisé le déplafonnement des salaires et la distribution de terres d'Etat en friche à de petits producteurs, deux mesures lentement mises en place, selon la presse.
Cuba célèbre sa fête nationale dans la grisaille économique - dépêches AFP Monde - la-Croix.com
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/090726135414.q5cc14op.htm