La tension monte au sein du Conseil des droits de l'homme
ONU | La dernière session a mis en évidence les limites du système. La grogne monte parmi les défenseurs des droits de l'homme.

ALAIN JOURDAN | 29.06.2009 | 00:00

Le Conseil des droits de l'homme entre dans une période de turbulences. La session qui vient de s'achever n'est pas ce que l'on fait de mieux en matière de défense des droits de l'homme. L'écrire ainsi tient même de l'euphémisme.

Plusieurs ONG, parmi lesquels Amnesty International et Human Right Watch, ont adressé une lettre ouverte aux délégués pour dénoncer ce qu'elles estiment être une grave violation de la liberté d'expression. Depuis qu'ils sont sous la tutelle directe du Conseil, les rapporteurs spéciaux ont perdu leur indépendance. Surtout, ils se retrouvent exposés aux manœuvres et aux critiques des pays qu'ils épinglent.

Le renouvellement du mandat du rapporteur spécial sur le Soudan a donné lieu à une foire d'empoigne. L'Union européenne a dû se battre pour que le Conseil entérine d'une très courte majorité le prolongement de son mandat.

L'examen périodique universel se montre aussi décevant. Les pays les plus en délicatesse avec les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme ont pris l'habitude de se serrer les coudes. Ce qui donne lieu à des mises en scène grossières. Des ONG progouvernementales jouent des coudes les jours «d'examen de passage» pour encenser leur gouvernement et couvrir la voix d'ONG moins complaisantes. Les pays amis en rajoutent en faisant l'éloge du système passé au scanner des droits de l'homme. Il en sort une radiographie floue. Ou bien l'appareil ne marche pas, ou bien il est mal réglé. Les plus optimistes se raccrochent à l'espoir de pouvoir modifier les réglages à l'occasion du processus de révision agendé pour 2011.

«Développer le potentiel du Conseil»

Le nouveau président du Conseil des droits de l'homme, l'ambassadeur belge Alex Van Meeuwen, ne baisse pas les bras. «La solution réside dans les efforts pour surmonter la politique des blocs et développer le dialogue entre les groupes régionaux», explique-t-il. Mais en a-t-il les moyens? 

«Mon souci pour l'année qui vient est de développer le potentiel du Conseil, de faire en sorte qu'il puisse véritablement exercer sa mission avec l'ensemble de ses moyens et de ses ressources», poursuit le successeur du Nigérian Martin Ihoeghian Uhomoibhi.

«Il ne faut pas surestimer ni sous-estimer les possibilités du Conseil», ajoute Alex Van Meeuwen. Interpellé sur la question iranienne qui ne fait pas pour l'instant l'objet d'une demande de session spéciale, l'ambassadeur belge renvoie aux déclarations faites par la haut commissaire Navi Pillay et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. «Personne ne doit être soumis à des détentions arbitraires et les droits à la liberté d'expression et aux manifestations pacifiques doivent être respectés», affirme-t-il.

La tension monte au sein du Conseil des droits de l’homme | Tribune de Genève (29 juin 2009)
http://www.tdg.ch/geneve/actu/tension-monte-sein-conseil-droits-homme-2009-06-28