23 avril 2009
Fidel Castro met un coup d'arrêt au rapprochement américano-cubain
Fidel Castro met un coup d'arrêt au rapprochement américano-cubain
LEMONDE.FR avec AFP | 22.04.09 | 20h26
Le dégel des relations entre La Havane et Washington, amorcé lors du récent sommet des Amériques ? Barack Obama aurait "mal interprété" les propositions de la partie cubaines, a estimé, mercredi 22 avril, Fidel Castro, le fondateur du régime cubain.
Raul Castro avait réitéré la semaine dernière sa disposition à "discuter de tout" avec Washington, y compris des prisonniers politiques. Ces propos ont été "mal interprétés" par M. Obama, affirme dans un éditorial le "Comandante" qui, malade, a cédé le pouvoir en juillet 2006 à son frère et premier lieutenant.
En accord avec les "principes de la Révolution" de 1959, Raul Castro voulait en fait, selon Fidel, réitérer sa disposition à "gracier" les soixante-quinze militants de l'opposition arrêtés en 2003, dont cinquante-quatre restent sous les verrous, et "à les envoyer tous aux Etats-Unis si ce pays était disposé à libérer les cinq héros antiterroristes cubains". Une proposition que Washington avait déjà rejetée en décembre dernier après que Raul Castro eut proposé un tel échange de prisonniers.
RÉGIME "EN FIN DE COURSE"
Fidel Castro a de nouveau accusé les opposants d'"être comme les mercenaires de la baie des Cochons, au service d'une puissance étrangère qui menace notre pays et qui en fait le blocus", en référence à la tentative de débarquement ratée dans une baie de l'île, menée par des anticastristes cubains soutenus par la CIA en 1961.
A Washington, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary, a réagi à cette mise au point de Fidel Castro, 82 ans, en estimant qu'elle témoignait de dissensions avec Raul, 77 ans, alors que leur régime est, selon elle, "en fin de course".
Le père de la Révolution a par ailleurs rejeté l'idée d'une baisse de la commission de 20 % perçue par l'Etat cubain sur tout dollar échangé sur l'île, comme l'avait suggéré Barack Obama lors du sommet des Amériques du week-end dernier, au cours duquel Cuba a été un thème central malgré son absence.
Le président américain avait déclaré attendre un "geste" de La Havane après sa décision de lever les restrictions sur les voyages et transferts d'argent vers Cuba de la part des Américains d'origine cubaine. Se déclarant lui aussi ouvert à un dialogue avec Cuba, Barack Obama avait cependant souligné qu'il n'était pas prêt à transiger sur des questions aussi "importantes" que les droits et libertés.
22 avril 2009
Hillary Clinton: le régime des Castro est «en fin de course»
Publié le 22 avril 2009 à 11h51
Hillary Clinton: le régime des Castro est «en fin de course»
Agence France-Presse
Washington
Le régime des Castro est «en fin de course» à Cuba, a déclaré mercredi la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, faisant état de dissensions entre le président cubain Raul Castro et son frère et prédécesseur Fidel.
«On peut voir qu'il commence à y avoir un débat», a déclaré la chef de la diplomatie américaine, qui s'exprimait devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.
«Je pense que c'est un régime qui est en fin de course», a ajouté Mme Clinton. «Il va se terminer un jour. Nous devons nous y préparer».
Le leader cubain Fidel Castro a souligné dans un commentaire mercredi que la libération d'opposants à Cuba dépendait de celle de cinq agents cubains incarcérés aux Etats-Unis, estimant que le président américain Barack Obama avait «mal interprété» les propos de son frère Raul.
Dans ce commentaire publié sur le site internet cubadebate.cu, Fidel Castro, 82 ans, estime que «sans aucun doute le président (Obama) a mal interprété la déclaration de Raul», son frère et successeur à la tête de l'Etat cubain qui s'était déclaré la semaine dernière prêt à discuter de tout avec Washington, y compris «des prisonniers politiques et des droits de l'homme».
Hillary Clinton: le régime des Castro est «en fin de course» | Amérique latine (10 May 2009)
Cuba au pied du mur
ANNE DENIS
Cuba au pied du mur
21/04/09
La fin de l'embargo américain contre Cuba ? « Ce n'est pas pour demain », a dit clairement Barack Obama lors du sommet des Amériques qui s'est achevé dimanche à Trinité-et-Tobago. Mais si ce n'est pas pour demain, ce n'est plus, désormais, un tabou. A l'issue de ce sommet, Cuba est sorti de son anachronisme pour redevenir un important sujet d'actualité, au sein de la communauté internationale mais aussi et surtout entre les deux Amériques, du Nord et du Sud. Un sujet de friction bien sûr, mais dont on peut parler, voire, éventuellement, plaisanter. Et ce n'est pas rien. Lors de ce cinquième sommet, le président américain a ainsi remercié avec humour le très antilibéral président du Nicaragua Daniel Ortega « de ne pas l'avoir accusé de choses survenues quand il avait trois mois ». Ortega avait admis qu'en effet, Obama était trop jeune pour avoir été impliqué dans le débarquement de la Baie des Cochons, lancé par John F. Kennedy en avril 1961.
Lors de ce même sommet, on a vu le chef d'Etat vénézuélien Hugo Chavez, allié majeur du régime castriste (pour lequel il a refusé de signer le compromis final de la réunion), venir taper très cordialement sur l'épaule de Barack Obama ou encore déclarer qu'il le trouvait intelligent, quelques jours à peine, d'ailleurs, après l'avoir traité de « pauvre ignare ». Le chef d'Etat cubain, Raul Castro, certes absent de Trinité-et-Tobago - Cuba étant exclu de l'Organisation des Etats américains (OEA) -, a pour sa part un instant quitté son rôle de petit frère docile d'un Fidel légendaire mais quasi-momifié, pour se déclarer prêt à discuter de « tout, tout, tout » avec Washington, y compris droits de l'homme et liberté de la presse.
Des mots, des symboles, diront les sceptiques. Néanmoins, le geste unilatéral qu'a consenti Barack Obama avant de se rendre au sommet des Amériques, n'est nullement symbolique. Sa décision de supprimer toute limitation aux voyages et aux transferts d'argent des Cubano-Américains vers leur île d'origine a un impact économique réel pour une société cubaine à bout de souffle, mais aussi une portée politique tangible, à l'étranger et, surtout, à l'intérieur même des Etats-Unis. Comme l'a souligné Jean-Jacques Kourianlsky, chercheur à l'Iris, Barack Obama n'a fait qu'accomplir une promesse de campagne, qui lui a permis de rallier à l'élection présidentielle plus de la moitié des votes des exilés cubains de Floride, pourtant traditionnellement pro-républicains.
Et maintenant ? Les sanctions à l'encontre de Cuba avaient déjà été assouplies par le passé, pendant les mandats de Jimmy Carter et de Bill Clinton notamment, mais pour une courte durée. Cette nouvelle décision a le mérite d'être carrée mais elle ne remet nullement en cause l'embargo commercial américain, en vigueur depuis quarante-sept ans.
Des décennies après la fin de la guerre froide, l'île communiste vit donc toujours sous le coup de cet embargo et de la très sévère loi Helms-Burton, qui punit tout commerce entre Cuba et une entreprise américaine ou étrangère. L'Amérique latine toute entière attend des Etats-Unis la levée de cet embargo, de même d'ailleurs que de nombreux Nord-Américains, conscient du caractère contre-productif de cette attitude extrémiste.
Mais Obama n'entend pas se laisser enfermer dans un processus trop rapide. « Les questions relatives aux prisonniers politiques, à la liberté d'expression et à la démocratie ne sauraient être simplement mises de côté », a-t-il lancé. En clair, après son geste de bonne volonté, la balle est dans le camp du parti communiste cubain.
Or les intentions réelles de ce dernier restent fortement opaques. Depuis que le vieux Lider Maximo a officiellement cédé, début 2008, le pouvoir à son frère Raul de soixante-dix-sept ans, celui-ci a entrepris une série de réformes - fin de l'égalitarisme salarial, réforme agricole, liberté d'achat de portables et d'ordinateurs - destinées d'abord à donner un peu d'air à une économie exsangue mais dont la portée reste limitée. Aucun progrès, en outre, côté politique. Le récent limogeage, dans la plus pure tradition stalinienne, de deux anciens proches de Fidel - le vice-président Carlos Lage et le ministre des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque - constitue même un signal inquiétant. Les deux hommes symbolisaient non seulement la relève générationnelle, mais aussi la branche du parti favorable à l'ouverture.
Il est clair que pour les orthodoxes du parti communiste cubain, la main tendue d'Obama peut se révéler dangereusement déstabilisatrice. D'autant que la population, qui vit des difficultés croissantes depuis une dizaine d'années, exacerbées par les dégâts des récents ouragans et par la crise mondiale, n'en peut plus. Washington attend des actes. La Havane est au pied du mur.
http://www.lesechos.fr/info/inter/4855773-cuba-au-pied-du-mur.htm
L'après-Castro commence
Publié le 22 avril 2009 à 00h00 | Mis à jour le 22 avril 2009 à 00h00
L'après-Castro commence
Alain Dubuc
La Presse
Les gestes d'ouverture de Barack Obama à l'égard de Cuba sont timides. Il ne s'agit pour l'instant que de permettre les voyages des Américano-Cubains vers leur île natale et de faciliter les transferts de fonds. On est encore loin de la levée de l'embargo commercial.
Mais le virage est néanmoins significatif. En admettant l'échec de la politique américaine, lors du Sommet des Amériques, à Trinité et Tobago, le président américain a amorcé le début de la fin d'une logique d'affrontement, survivance absurde de la guerre froide et grand symbole du dogmatisme américain. Un petit pas qui laisse croire que, de part et d'autre, on commence à préparer l'après-Castro.
Il évident qu'ici, on applaudira. Le Canada n'a jamais coupé ses liens avec Cuba, même pendant la Guerre froide, parce qu'on a toujours cru que la meilleure façon d'encourager la démocratisation de ce pays était de maintenir des liens, une approche plus sage que celle des Américains, qui ont diabolisé Fidel Castro et braqué son régime. Ce désir de dialogue, on l'a vu chez tous ces touristes québécois qui voient Cuba comme un pays ami.
En principe, les États-Unis se refusent à établir des relations normales avec Cuba parce que ce pays n'est pas démocratique. L'argument est boiteux, car les États-Unis entretiennent, dans une sensibilité à géométrie variable, des liens étroits avec bien des dictatures, comme l'Arabie Saoudite. Leur agressivité envers Cuba tient bien davantage à la survivance d'un anticommunisme primaire, au poids politique des exilés cubains, et aux cicatrices de l'escalade du début des années 60.
L'insistance sur l'instauration de la démocratie repose en outre sur une vision étriquée des droits qui ramène la démocratie à la tenue d'élections libres. Il est vrai que Cuba est une dictature, où il n'y a pas d'élections, où l'oppression étouffante muselle les citoyens, où il y a des prisonniers politiques. Mais ce n'est pas un régime de terreur. Dans le monde des régimes totalitaires, Cuba est loin d'être parmi les pires. Par contre, bien des pays en principe démocratiques tolèrent la torture et les assassinats politiques.
Il n'en reste pas moins que ce pays est dans une impasse économique, sociale et politique, un pays figé qui attend la mort de son dictateur, un « paradis socialiste » qui, depuis l'arrivée à sa tête de Raoul Castro, s'est transformé en gérontocratie monarchique. Le modèle d'économie planifiée a été un échec total. Cuba est incapable de nourrir ses citoyens et de produire ce dont ils ont besoin, il survit grâce à la charité internationale et en expliquant ses échecs par un embargo américain qui est politiquement bien commode.
Cependant, ce pays dispose d'un énorme potentiel, comparé à bien des nations latino-américaines. Ce potentiel tient largement aux réalisations de la révolution castriste : un système de santé de haut niveau, une identité nationale forte, un degré d'éducation comparable à celui des sociétés industrialisées.
À condition, bien sûr, que la transition se fasse bien. Le Canada, un pays du Nord qui n'a jamais coupé les ponts avec Cuba, peut jouer un rôle utile. Mais au Sommet des Amériques, le premier ministre canadien n'a pas joué ce rôle. Stephen Harper voulait parler «d'affaires» et espérait que la question cubaine ne prendrait pas trop de place, ne comprenant pas l'importance qu'elle revêt en Amérique latine.
Pourquoi? Parce que l'ouverture à Cuba est trop associée au règne libéral? Parce qu'il y aurait chez M. Harper des réflexes anticommunistes, comme on l'a senti dans le cas de la Chine ? Mais le résultat est là. Encore une fois, M. Harper a été déphasé, en dehors de la plaque, comme s'il ne trouvait plus sa place dans un monde qui change trop vite.
Alain Dubuc : L'après-Castro commence | Alain Dubuc (10 May 2009)
http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/alain-dubuc/200904/21/01-848936-lapres-castro-commence.php
20 avril 2009
Raqpport PE 14 avril 2009
RAPPORT 14 avril 2009
PE 416.698v02-00 A6-0264/2009
sur le rapport annuel sur les droits de l'homme dans le monde 2008 et la politique de l'Union européenne en la matière
(2008/2336(INI))
Commission des affaires étrangères
Rapporteur: Raimon Obiols i Germà
confirme sa position en ce qui concerne les lauréats cubains du Prix Sakharov Oswaldo Payá Sardiñas et le groupe des "Damas de Blanco" ("Dames en blanc"); condamne fermement la violence systématique et les actes répétés de harcèlement dont sont victimes les lauréats du Prix Sakharov;
demande au gouvernement cubain de relâcher tous les prisonniers politiques et de respecter les droits consacrés dans les traités qu'il a signés; prend acte de la décision du Conseil, du 20 juin 2008, de lever les mesures restrictives instituées à l'encontre de Cuba;
Cuba:
Antonio Ramón Díaz
Dr. José Luis García Paneque
The husbands of two members of the human rights organisation Ladies in White, who have not received adequate medical care whilst in detention to the extent that the situation has potentially become life threatening. Concerns also remain that the two men did not receive a fair trial for their alleged crimes.
A letter of concern was sent on 27 March 2008.
RAPPORT sur le rapport annuel sur les droits de l'homme dans le monde 2008 et la politique de l'Union européenne en la matière - A6-0264/2009 (9 May 2009)
http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=REPORT&reference=A6-2009-0264
17 avril 2009
Raul Castro d'accord pour dialoguer avec Washington, mais en égal
Publié le 16 avril 2009 à 21h22
Raul Castro d'accord pour dialoguer avec Washington, mais en égal
Agence France-Presse
Cumana
Le président cubain Raul Castro a déclaré jeudi au Venezuela que son pays était disposé à entamer un dialogue avec les États-Unis, à condition que cela soit d'égal à égal et sans remise en question de la «souveraineté» de Cuba.
«Nous avons fait dire au gouvernement nord-américain, en privé et en public que nous étions ouverts à un dialogue sur tout, y compris, les droits de l'Homme, la liberté de la presse, les prisonniers politiques, tout ce qu'ils voudront aborder», a déclaré Raul Castro à Cunama (275 km à l'est de Caracas) lors d'une réunion des pays membres de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba).
L'Alba est le bloc créé en 2004 par le Venezuela et Cuba afin de contrecarrer le projet d'une Zone de libre-échange des Amériques (Zlea), promu par les États-Unis. Il a été rejoint par la Bolivie, le Nicaragua, le Honduras et la Dominique.
«Mais cela doit se faire dans des conditions d'égalité, sans la moindre ombre en ce qui concerne notre souveraineté et sans la moindre violation du droit à l'autodétermination du peuple cubain», a-t-il déclaré.
Raul Castro répondait ainsi à la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui avait plus tôt appelé le régime cubain à se démocratiser et à libérer ses prisonniers politiques.
Le président américain Barack Obama a pour sa part déclaré depuis Mexico qu'il attendrait de voir si Cuba était disposée à changer avant de prendre de nouvelles mesures destinées à améliorer les relations entre les deux pays.
Lundi Barack Obama avait levé les restrictions pesant sur les voyages des Cubano-Américains dans leur pays d'origine et les transferts d'argent.
La politique américaine à l'égard de Cuba devrait être au centre du débat lors du sommet des Amériques à Trinité et Tobago du 17 au 19 avril, première grande rencontre entre les pays latino-américains et la nouvelle administration démocrate, beaucoup de pays ayant fait savoir qu'ils demanderaient à Barack Obama de lever l'embargo imposé depuis 1962 à l'île.
Raul Castro d'accord pour dialoguer avec Washington, mais en égal | Amérique latine (10 May 2009)
Obama exige de Cuba des "signes de changement" avant le sommet des Amériques
Obama exige de Cuba des "signes de changement" avant le sommet des Amériques
LEMONDE.FR avec AFP | 16.04.09 | 14h49 • Mis à jour le 16.04.09 | 18h57
"Je ne m'attends pas à ce que Cuba réclame l'aumône. Personne ne demande à qui que ce soit de faire l'aumône. Ce que nous attendons, c'est un signe qu'il va y avoir des changements dans la façon dont Cuba agit", a déclaré le président américain, Barack Obama, dans un entretien accordé à la chaîne CNN peu avant son départ pour l'Amérique latine. L'ancien dirigeant cubain, Fidel Castro, avait exigé lundi du président américain, la fin du "blocus" contre l'île et refusé toute "aumône", réagissant à la levée par les Etats-Unis des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers leur pays d'origine.
Evoquant ces mesures d'assouplissement annoncées lundi, Barack Obama a déclaré sur CNN : "Je pense que c'est un signe de notre bonne foi, qui montre que nous voulions dépasser la mentalité de la guerre froide qui a persisté ces cinquante dernières années. Et avec un peu de chance, nous verrons des signes que Cuba veut faire de même." Le président a appelé à la libération des prisonniers politiques cubains et à l'instauration de la liberté d'expression dans le pays pour permettre "un plus grand dégel des relations" entre les Etats-Unis et le pays communiste. Barack Obama, qui participera vendredi au sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago aux côtés de trente-trois autres chefs d'Etat, prend jeudi le chemin du Mexique pour des entretiens avec l'un de ses grands interlocuteurs internationaux, le président Felipe Calderon.
La Havane ne participera pas au sommet des Amériques, première grande rencontre des Latino-Américains avec Barack Obama, mais le dossier cubain y sera omniprésent. Les pays de la région, du Brésil modéré en passant par le belliqueux Venezuela, prévoient de remettre sur la table le dossier de l'embargo imposé depuis quarante-sept ans au régime communiste et du retour dans le giron de l'Organisation des Etats américains (OEA) de Cuba, exclue en 1962. Ils réclament la fin de l'embargo comme preuve de l'évolution de la politique américaine.
16 avril 2009
Obama exige de Cuba des «signes de changement»
Publié le 16 avril 2009 à 08h42
Obama exige de Cuba des «signes de changement»
Agence France-Presse
Washington
Le président américain Barack Obama a réclamé jeudi que La Havane montre «des signes de changement» afin de permettre un plus grand dégel des relations entre les deux pays, dans une interview accordée à la chaîne CNN peu avant son départ pour l'Amérique latine.
«Je ne m'attends pas à ce que Cuba réclame l'aumône. Personne ne demande à qui que ce soit de faire l'aumône. Ce que nous attendons, c'est un signe qu'il va y avoir des changements dans la façon dont Cuba agit», a dit le président américain.
Le dirigeant cubain Fidel Castro avait exigé lundi du président américain, la fin du «blocus» contre l'île et refusé toute «aumône», en réagissant à la levée par les Etats-Unis des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers leur pays d'origine.
Evoquant ces mesures d'assouplissement annoncées lundi, Barack Obama a déclaré sur CNN: «Je pense que c'est un signe de notre bonne foi, qui montre que nous voulions dépasser la mentalité de la Guerre froide qui a persisté ces 50 dernières années. Et avec un peu de chance, nous verrons des signes que Cuba veut faire de même».
Le président a appelé à la libération des prisonniers politiques cubains et à l'instauration de la liberté d'expression dans le pays pour permettre «un plus grand dégel des relations» entre les Etats-Unis et le pays communiste.
Barack Obama, qui participera vendredi au sommet des Amériques à Trinité-et-Tobago aux côtés de 33 autres chefs d'Etats, prend jeudi le chemin du Mexique pour des entretiens avec l'un de ses grands interlocuteurs internationaux, le président Felipe Calderon.
La Havane ne participera pas au sommet des Amériques, première grande rencontre des latino-américains avec Barack Obama, mais le dossier cubain y sera omniprésent.
Les pays de la région, du Brésil modéré en passant par le belliqueux Venezuela, prévoient de remettre sur la table le dossier de l'embargo imposé depuis 47 ans au régime communiste et du retour dans le giron de l'Organisation des Etats américains (OEA) de Cuba, exclue en 1962. Ils réclament la fin de l'embargo comme preuve de l'évolution de la politique américaine.
Obama exige de Cuba des «signes de changement» | États-Unis (10 May 2009)
15 avril 2009
Clinton réclame la libération des prisonniers politiques
Publié le 16 avril 2009 à 15h31
Cuba: Clinton réclame la libération des prisonniers politiques
Agence France-Presse
Port-au-Prince
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a appelé jeudi le régime cubain à se démocratiser et à libérer les prisonniers politiques, en réponse aux appels au dialogue lancés par les États-Unis.
«Nous voudrions voir une ouverture de la société cubaine, que Cuba libère les prisonniers politiques et s'ouvre aux opinions et aux médias étrangers», a déclaré Mme Clinton à Port-au-Prince, lors d'une conférence de presse aux côtés du président haïtien René Préval.
En référence aux gestes récents de l'administration Obama, qui a annoncé une levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers leur pays d'origine, Mme Clinton a assuré que Washington était «prêt à discuter avec Cuba d'autres mesures qui pourraient être prises».
«Mais nous attendons que Cuba renvoie l'ascenseur», a-t-elle dit.
Cuba: Clinton réclame la libération des prisonniers politiques | Amérique latine (10 May 2009)
14 avril 2009
Barack Obama lève les restrictions de voyage des Américano-Cubains vers Cuba
Barack Obama lève les restrictions de voyage des Américano-Cubains vers Cuba
LEMONDE.FR avec AFP | 13.04.09 | 22h27 • Mis à jour le 14.04.09 | 08h53
Barack Obama a ordonné, lundi 13 avril, la levée des restrictions sur les voyages et les transferts d'argent des Américano-Cubains vers leur pays d'origine, marquant un premier assouplissement de la politique américaine envers l'île depuis son arrivée au pouvoir.
"Le président Obama a ordonné une série de mesures en direction du peuple cubain, afin de soutenir leur souhait de jouir de droits fondamentaux et de déterminer librement l'avenir de leur pays", a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs. Les Américains d'origine cubaine pourront ainsi voyager à Cuba et envoyer de l'argent à leurs proches restés sur l'île, sans limitation. Ces nouvelles règles, qui ne nécessitent pas l'accord du Congrès, concerneraient près de 1,5 million d'Américains ayant un membre de leur famille vivant à Cuba.
Le dirigeant cubain Fidel Castro a répondu en exigeant de Barack Obama la fin du "blocus" de l'île et en refusant toute "aumône". "Du blocus, qui est la plus cruelle des mesures, on n'a pas dit un mot", a affirmé M. Castro en commentant lundi la décision annoncée par Washington, dans un article publié sur le site internet officiel Cubadebate.
UNE PREMIÈRE DEPUIS JIMMY CARTER
Cuba "n'accuse pas Obama des atrocités commises par d'autres gouvernements des Etats-Unis" et ne doute pas de "sa sincérité et de sa volonté de changer la politique et l'image des Etats-Unis", affirme cependant Fidel Castro. "Elle comprend qu'il a livré une bataille très difficile pour être élu, malgré des préjugés de plusieurs siècles", ajoute-t-il, en expliquant que c'est pour cela que son frère, le président Raul Castro, a exprimé sa bonne disposition à dialoguer "sur la base du respect le plus strict de la souveraineté".
Les Etats-Unis imposent depuis 1962 un embargo à Cuba, sauf pour les produits alimentaires et pharmaceutiques. Cet embargo est régulièrement dénoncé par les Nations unies. Les Américains d'origine cubaine ont pu se rendre librement à Cuba pendant une courte période de cinq ans, lorsque le président démocrate Jimmy Carter avait refusé en septembre 1977 de renouveler les restrictions imposées à l'île, rétablies ensuite par son successeur, Ronald Reagan, en avril 1982.
Un scénario qui s'était reproduit avec les présidents Bill Clinton et George W. Bush, qui ont respectivement allégé puis renforcé les sanctions contre l'île. Il restera cependant interdit d'envoyer de l'argent à des membres du régime castriste ou de l'armée, selon un responsable de la Maison Blanche.
Le Congrès avait voté début mars un allègement des restrictions sur les voyages à Cuba pour les Américains d'origine cubaine, leur permettant de s'y rendre une fois par an, au lieu d'une fois tous les trois ans et de dépenser chaque jour jusqu'à 179 dollars, contre 50 dollars précédemment. L'annonce de ces nouvelles règles intervient à quelques jours du sommet des Amériques, les 17 et 18 avril à Trinité-et-Tobago, organisé en l'absence de La Havane, qui n'a pas été invitée.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2009/04/13/barack-obama-leve-les-restrictions-de-voyage-des-americano-cubains-vers-cuba_1180253_3222.html