(Pas le) Centre Ernesto Che Guevara

La vérite sur Cuba que le centre n'ose pas mettre sur son site internet.

29 mars 2009

Chez les Castro, Raúl fait le ménage

CUBA
Chez les Castro, Raúl fait le ménage

L'important remaniement ministériel annoncé, le 2 mars, par le président cubain a surpris tous les observateurs. Notamment parce qu'il écarte du cercle restreint du pouvoir les personnalités les plus proches de son frère Fidel.
03.03.2009 | Mauricio Vicent | El País

Le président de Cuba, Raúl Castro, a procédé à un remaniement ministériel surprise le 2 mars, limogeant deux figures historiques du régime, le ministre des Affaires étrangères Felipe Pérez Roque et le secrétaire du comité exécutif du Conseil des ministres Carlos Lage. Les raisons de ce remaniement, annoncé par un communiqué télévisé, ne sont pas encore claires. Il a lieu alors même qu'aux Etats-Unis le débat sur allégement de l'embargo imposé par Washington à Cuba, il y a déjà quarante-cinq ans, bat son plein. Tout indique que le régime tente de s'adapter à des changements qui, avec le nouveau gouvernement du président Obama, paraissent inévitables.

Carlos Lage continuera à occuper le poste de vice-président du Conseil d'Etat. Il a exercé pendant quelques années les fonctions d'une sorte de Premier ministre et a été l'homme de confiance de Fidel et de Raúl Castro. Il va céder la place au général José Amado Ricardo Guerra, un autre militaire [qui a longtemps travaillé avec Raúl Castro du temps où celui-ci était ministre de la Défense] dans un exécutif qui s'était déjà doté de deux membres des forces armées, le 19 février, l'un et l'autre occupant plusieurs vice-présidences. Pérez Roque sera remplacé par le vice-ministre des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez. Ces changements surviennent dans le cadre d'une douzaine de transferts, de remplacements et de fusions de ministères. Il s'agit d'un vaste remaniement ministériel, annoncé par Raúl Castro il y a un an, quand il a pris ses fonctions de président, en lieu et place de son frère Fidel Castro, convalescent.

Dans le communiqué, il est indiqué que ces changements visent à resserrer le gouvernement et à le rendre plus efficace. L'annonce du Conseil d'Etat rappelle également que la décision de Raúl Castro est "en accord" avec son idée, lancée le 24 février, de réduire et de restructurer les organes de l'Etat. Toutefois, la mise à l'écart de Pérez Roque et de Lage en a étonné plus d'un. En effet, ces deux hommes, très appréciés aussi bien à Cuba qu'à l'étranger, semblaient incontournables quelle que soit l'équation politique de l'avenir. Pérez Roque, né à La Havane le 28 mars 1965, est depuis quinze ans l'un des plus proches collaborateurs de Fidel Castro, presque son bras droit. Il est aussi un proche de Raúl Castro, ce qui lui donne une grande influence sur les décisions du gouvernement. Comme Lage, il est issu des organisations politiques et estudiantines de la révolution. En mai 1999, à 34 ans, Pérez Roque avait été nommé ministre des Affaires étrangères.

Jusqu'à présent, il s'est vu confier la gestion des fonds des programmes sociaux de la révolution et a mené la "bataille d'idées", conjointement avec Lage et Francisco Soberón, ministre-président de la banque centrale de Cuba. Il était considéré comme le numéro trois du gouvernement cubain, derrière Fidel et Raúl. Quant à Carlos Lage, né le 15 octobre 1951, il est membre du bureau politique du Parti communiste cubain depuis son IVe Congrès (1991). Il s'est vu confier la mise en œuvre du programme de réformes et d'ouverture économique, que le gouvernement de Fidel Castro a lancé dans les années 1990 pour faire face à la crise provoquée par la disparition de l'Union soviétique. En 1986, il avait été nommé membre de l'équipe Coordination et soutien de Fidel Castro, dont il était depuis lors l'un des plus proches collaborateurs, notamment en matière économique. A plusieurs reprises, il avait été qualifié de "partisan de l'ouverture", ce dont il se défend.

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http://www.courrierinternational.com/article/2009/03/03/chez-les-castro-raul-fait-le-menage

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12 mars 2009

Raúl lance un défi à Fidel

CUBA
Raúl lance un défi à Fidel

L'important remaniement ministériel imposé début mars par le chef de l'Etat marque une rupture avec la politique d'isolement voulue par le Líder Máximo. L'heure est désormais à l'ouverture.

12.03.2009 | Ricardo Pascoe* | El Universal

La restructuration du gouvernement cubain ébranle profondément les relations politiques entre les frères Castro. Alors qu'il est officiellement au pouvoir depuis un an, Raúl vient de se placer sur une ligne d'affrontement avec Fidel. Les raisons sont probablement diverses, mais certaines sont plus particulièrement visibles. Raúl Castro est l'instigateur d'une politique de rapprochement avec tous les gouvernements d'Amérique latine, quelle que soit leur proximité idéologique avec le régime de La Havane. Ces derniers mois, huit chefs d'Etat latino-américains se sont rendus sur l'île, et l'on en attend d'autres cette année, notamment le Mexicain Felipe Calderón, en avril ou mai. Mais au lendemain de la visite très réussie de la présidente chilienne Michelle Bachelet, le 12 février, le vieux Líder Máximo a rendu publique une critique véhémente à l'égard du gouvernement chilien en raison de ses relations avec la Bolivie. Cela n'a pas manqué de provoquer l'ire de la diplomatie de Santiago.

Fidel Castro a ainsi saboté publiquement les efforts de son frère pour gagner des soutiens dans la communauté internationale au moment où Barack Obama semble vouloir redéfinir les relations de Washington avec Cuba, comme l'indique l'adoption par la Chambre des représentants américaine de la fin des restrictions qui pesaient sur les envois d'argent dans l'île et de l'assouplissement des règles régissant les voyages des Cubains-Américains vers leur pays d'origine. Raúl cherche des soutiens en Amérique latine, car il est probable qu'après les contacts privés déjà initiés vont s'ouvrir bientôt des échanges officiels entre Washington et La Havane. Or ­l'instauration de nouvelles relations implique nécessairement quelques concessions et conditions de la part des deux parties. Face à cette volonté d'ouvrir un nouveau chapitre des relations entre Cuba et le reste du monde, la résistance de Fidel est apparue comme un obstacle intolérable, de même que la présence au gouvernement de quelques-uns de ses alliés les plus remarquables. Carlos Lage, José Millar, Felipe Pérez Roque, José Luis Rodríguez, Otto Rivero [lors de la destitution d'une douzaine de ministres et haut fonctionnaires annoncée le 2 mars dernier] et Carlos Valenciaga [ex-secrétaire particulier de Fidel Castro, destitué en octobre 2008] se sont vus exclus du gouvernement ou privés de leurs fonctions les plus importantes, Raúl imposant sa propre équipe gouvernementale.

Si le phénomène retient particulièrement l'attention à Cuba, c'est parce qu'il illustre un différend entre les deux frères et parce qu'aucun mouvement aussi spectaculaire n'avait eu lieu depuis des années au sein des autorités cubaines, plus connues pour leur immobilisme. Les limogeages les plus significatifs sont sans doute ceux de Carlos Lage et José Millar. En effet, le premier était jusque-là secrétaire du Conseil des ministres et dirigeait au quotidien le gouvernement, tandis que le second, secrétaire du Conseil d'Etat, était chargé des vice-présidents. Tous deux orchestraient la gestion du gouvernement cubain au jour le jour.
On retient aussi le renvoi du ministre des Affaires étrangères, Felipe Pérez Roque. Un désaccord manifeste l'opposait à Raúl Castro sur la stratégie internationale de Cuba et, en particulier, sur ce qui pourrait devenir l'enjeu central de la politique intérieure cubaine, les relations avec les Etats-Unis. La discorde a sans doute été inspirée par Fidel. Son successeur à la diplomatie, Bruno Rodríguez Parrilla, se passera des services du président de l'Assemblée nationale, Ricardo Alarcón, jusque-là interlocuteur privilégié de Washington à Cuba.
Parmi les autres départs, il y a celui de José Luis Rodríguez du ministère de l'Economie, instance stratégique pour Raúl Castro en ces temps de changements. Quant à Otto Rivero [autre vice-président du Conseil des ministres] et Carlos Valenciaga, ils étaient les yeux et les oreilles de Fidel Castro au gouvernement de La Havane. On assiste vraisemblablement à une orientation de Cuba vers le modèle chinois (ouverture à l'économie de marché mais maintien du parti unique). Le président Raúl Castro doit pouvoir avancer ses pions sans rencontrer de grosse résistance en interne. Il considère visiblement son frère comme une entrave au processus d'évolution interne qu'il entend mener dans les années à venir, y compris en ce qui concerne la succession à long terme du pouvoir.

* Analyste politique, membre fondateur du Parti révolutionnaire démocratique (PRD, gauche), ancien ambassadeur du Mexique à La Havane.

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04 mars 2009

On ne limoge pas sans consulter Fidel

CUBA
On ne limoge pas sans consulter Fidel
04.03.2009

Fidel Castro revient sur l'important remaniement ministériel effectué, le 2 mars, par son frère Raúl Castro, chef de l'Etat cubain depuis un an, et prend à rebours les commentaires de la presse internationale. L'ancien Líder Máximo affirme que "plusieurs agences de presse ont fait tout un plat de ce remaniement. Elles parlent ou se font l'écho de 'rumeurs populaires' selon lesquelles il y aurait eu substitution des 'hommes de Fidel' par des 'hommes de Raúl'." "Pas du tout ! affirme Fidel Castro dans la dernière mouture de sa chronique "Réflexion du camarade Fidel", publiée le 4 mars dans Granma et intitulée "Changement sain au Conseil des ministres".

"Les nouveaux ministres qui viennent d'être nommés l'ont été après que j'ai été consulté, même s'il n'y avait aucune obligation, puisque j'ai renoncé depuis longtemps aux prérogatives du pouvoir", affirme Fidel Castro. L'ancien chef de l'Etat cubain enfonce le clou en affirmant que "les deux [personnages limogés] les plus mentionnés par les dépêches d'agence" n'ont pas été remerciés parce qu'ils manquaient "de compétences" mais parce qu'ils se sont laissé séduire par "le miel du pouvoir", ce qui a réveillé chez eux "une ambition qui les a menés à une conduite indigne". Les deux personnalités visées, l'ex-ministre des relations extérieures Felipe Pérez Roque et l'ex-chef de cabinet Carlos Lage, ont toujours été présentées comme des proches de Fidel et semblaient incarner une certaine relève. "L'ennemi extérieur a nourri de grandes illusions avec eux", conclut le Comandante.

CUBA • On ne limoge pas sans consulter Fidel | Courrier international
http://www.courrierinternational.com/breve/2009/03/04/on-ne-limoge-pas-sans-consulter-fidel

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