28 octobre 2007
Des mèches de cheveux du «Che» vendues 100 000$ aux enchères
Le vendredi 26 octobre 2007
Des mèches de cheveux du «Che» vendues 100 000$ aux enchères
Agence France-Presse
Dallas
Des mèches de cheveux et d'autres reliques du révolutionnaire argentin Ernesto «Che» Guevara ont été vendues jeudi soir aux enchères à Dallas (Texas) pour 100 000 dollars, selon le site Internet de la maison d'enchères et un quotidien local.
Ces mèches de l'icône révolutionnaire, ainsi que des photos de son cadavre et des empreintes digitales, ont été acquises par un libraire texan, Bill Butler, qui était le seul enchérisseur, rapporte vendredi le Dallas Morning News.
Le «Che» était «l'un des plus grands révolutionnaires du 20e siècle», a déclaré l'acheteur à la porte-parole de la maison d'enchères Heritage Auction Galleries, Kelley Norwine, citée par le quotidien.
M. Butler, 61 ans, a expliqué qu'il comptait exposer ses nouvelles acquisitions dans sa librairie, Butler & Sons Books.
Ces reliques étaient vendues par Gustavo Villoldo, un ancien agent de la CIA ayant participé à la traque puis à l'exécution du révolutionnaire argentin il y a quarante ans en Bolivie.
Capturé le 8 octobre 1967 après 11 mois de guérilla, «Che» Guevara a été exécuté sommairement par l'armée régulière bolivienne le jour suivant dans le hameau de La Higuera (sud-est de la Bolivie).
Sa dépouille a été exposée comme un trophée par les autorités avant d'être enterrée secrètement à Vallegrande. Ses restes, découverts en 1997 suite aux révélations d'un général bolivien, ont été depuis transférés à Cuba.
M. Villoldo a dit avoir récupéré des cheveux et pris des empreintes afin de prouver à ses supérieurs qu'il avait bien accompli sa mission.
Les mains du cadavre avaient été sectionnées et la maison d'enchères n'a pas précisé si les empreintes digitales avaient été obtenues avant ou après l'amputation.
Cette vente aux enchères avait entraîné de nombreuses protestations dans le monde notamment de la veuve du «Che», Aleida March, 71 ans, qui a exprimé son indignation.
http://www.cyberpresse.ca/article/20071026/CPINSOLITE/71026097/5406/CPINSOLITE
Washington rejette le parallèle russe avec Cuba
Washington rejette le parallèle russe avec Cuba
samedi 27 octobre 2007
L'administration américaine a contesté le parallèle établi par Poutine entre le projet de bouclier antimissile américain et la crise des missiles soviétiques à Cuba en 1962.
samedi 27 octobre 2007
Par Reuters
WASHINGTON, 27 octobre - L'administration
américaine a contesté le parallèle établi vendredi par Vladimir
Poutine entre le projet de bouclier antimissile américain et la
crise des missiles soviétiques à Cuba en 1962.
"Il y a des différences historiques très claires entre notre
projet de déploiement d'un système de missile défensif conçu
pour nous protéger contre le tir de missiles par des Etats
voyous comme l'Iran, et la capacité nucléaire offensive des
missiles qui furent installés à Cuba dans les années 1960", a
réagi le porte-parole du département d'Etat, Sean McCormack.
"Il n'existe nulle analogie historique, de quelque sorte que
ce soit", a-t-il ajouté.
"Je ne sais pas trop que faire de ces propos", a déclaré
pour sa part le secrétaire à la Défense, Robert Gates.
Lors de la conférence de presse clôturant le sommet
russo-européen de Mafra, au Portugal, répondant à une question
sur le projet américain de bouclier antimissile, Vladimir
Poutine a déclaré "qu'une évolution similaire des relations a
été observée au milieu des années 1960".
"Des actes analogues de l'Union soviétique, lorsqu'elle
avait déployé des fusées sur Cuba, avaient provoqué la crise des
missiles", a poursuivi le président russe. "Pour nous, sur un
plan technologique, la situation est très similaire."
Les Etats-Unis comptent installer plusieurs éléments de ce
dispositif de défense aérienne dans des pays d'Europe orientale.
Moscou considère qu'il s'agit d'une menace à ses frontières.
La crise des missiles de 1962 avait opposé les Etats-Unis et
l'Union soviétique au sujet de l'installation sur l'île de Cuba
de missiles nucléaires pointés vers le territoire américain.
Cette crise, qui avait placé le monde au bord d'une
conflagration nucléaire, avait été surmontée après l'engagement
écrit donné à l'Union soviétique par le président américain John
F. Kennedy que son pays n'envahirait pas Cuba. Nikita
Khrouchtchev avait alors accepté le retrait des missiles.
Cuba est un "système à l'agonie"
International 24/10/2007 - 20:54
Bush: Cuba est un "système à l'agonie"
Dans son premier discours officiel sur Cuba depuis que Fidel Castro a transmis les rênes du pouvoir à son frère Raul, en juillet 2006, Bush a décrit Cuba comme un "système couvert de honte, à l'agonie". Il a donc défendu l'embargo économique américain en vigueur contre l'île communiste et appelé les Cubains à faire pression sur leur gouvernement pour démocratiser le pays. "L'Amérique n'apportera aucune bouffée d'oxygène à un régime criminel qui victimise son propre peuple. Nous ne soutiendrons pas les vieilles méthodes appliquées par des visages rajeunis, l'ancien système maintenu par de nouvelles chaînes", a-t-il continué.
25 octobre 2007
Bush appelle les Cubains à se soulever
Le jeudi 25 octobre 2007
Bush appelle les Cubains à se soulever
Jooneed Khan
La Presse
À une semaine du vote annuel à l'ONU contre le blocus états-unien de Cuba, George W. Bush a lancé hier un appel à peine voilé au peuple cubain à se soulever contre le régime communiste et à l'armée cubaine à se ranger «du côté de la liberté».
«Vous avez le pouvoir de forger votre propre destin», a-t-il déclaré à l'adresse du peuple cubain, dans un discours prononcé au secrétariat d'État et transmis en direct par Radio et TV Marti, financées par Washington.
Aux forces de sécurité, il a dit: «Quand les Cubains se soulèveront pour réclamer leur liberté, allez-vous défendre un ordre moribond contre votre propre peuple ou allez-vous épouser son désir de liberté?»
«Ce n'est pas un appel à l'insurrection armée, mais un appel à la conscience», ont répété des officiels interrogés lors de briefings de presse.
Cuba l'a entendu autrement. Le discours de Bush «s'entend comme une incitation à la violence, un appel à la guerre pour renverser la révolution et imposer ses desseins à Cuba», a accusé le ministre des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque.
«Cela confirme que la politique du régime Bush reste le changement de régime à Cuba, y compris par la force», a-t-il déclaré en conférence de presse à La Havane, estimant que le chef de la Maison-Blanche était «en plein délire».
Dans son discours, conclu par «Viva Cuba Libre», Bush a affirmé sa volonté de maintenir un demi-siècle d'embargo contre Cuba jusqu'à un changement de régime. Il a offert des bourses d'études et des ordinateurs aux Cubains «si le régime le permet». Il a annoncé la création d'un fonds international pour favoriser la transition de l'île vers la démocratie.
Les amis de Cuba, déjà mobilisés en vue du vote de mercredi prochain à l'ONU, ont eux aussi dénoncé le discours.
Vote du Canada
La Table de solidarité Québec-Cuba a invité hier ses membres à poser des questions au secrétaire au Commerce, Carlos Gutierrez, lors d'une séance en ligne organisée sur Cuba par la Maison-Blanche.
Elle a écrit au ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier et aux partis fédéraux pour demander que le Canada vote à l'ONU, comme il l'a fait l'année dernière avec 182 États membres, pour la levée de l'embargo contre Cuba, en vigueur depuis 1963.
«Nous espérons que le Canada s'opposera à tout projet d'amender la motion», et qu'il fera «pression sur les États-Unis pour mettre fin à cet odieux blocus», dit-elle.
Seuls quatre pays ont voté l'an dernier pour le maintien de l'embargo: États-Unis, Israël, les îles Marshall, et Palau.
Les pays de l'Union européenne ont voté avec la majorité, malgré des sanctions limitées imposées à Cuba sur la répression des dissidents. L'Espagne a récemment engagé un dialogue sur les droits de l'homme avec Cuba.
À sa conférence de presse, Bush était entouré de proches de quatre détenus politiques cubains. Mais il n'a mentionné ni les cinq Cubains détenus aux États-Unis après avoir dénoncé au FBI des actions terroristes visant Cuba, ni le cas de Luis Posada Carriles, que Cuba recherche pour terrorisme et qui vit libre aux États-Unis.
http://www.cyberpresse.ca/article/20071025/CPMONDE/710250746/1014/CPMONDE
22 octobre 2007
Elections municipales à Cuba
Elections municipales à Cuba
LA HAVANE - Les Cubains votaient dimanche pour élire leurs conseillers municipaux, un scrutin qui ouvre un processus électoral complexe qui se terminera l'an prochain sur les législatives et l'éventuel remplacement de Fidel Castro.
Le prochain Parlement pourrait en effet décider de remplacer Fidel Castro, 81 ans et très malade depuis plus d'un an, par son frère Raul, qui assure l'intérim à la présidence du Conseil d'Etat, l'organe suprême du régime cubain.
Fidel Castro, président depuis 1976, est apparu lucide ces derniers temps, mais il semble toujours en petite forme. Il ne devrait pas quitter le lieu, secret, dans lequel il se repose et votera sans doute pas correspondance.
Quelque 37.258 candidats se disputent les 15.236 sièges et les médias officiels affirment que 95% des 8,3 millions d'électeurs pourraient se rendre aux urnes. Le vote n'est pas obligatoire, mais peu d'électeurs tiennent à attirer l'attention des comités de quartier en s'abstenant.
Ainsi, deux adolescents rencontrés sur le bord de mer à La Havane expliquaient qu'ils iraient voter pour éviter des représailles, mais qu'ils ne croyaient pas à ce scrutin. "Rien ne changera", a dit l'un d'eux, sous couvert de l'anonymat.
Les bureaux de vote sont gérés par des enfants qui saluent les électeurs devant des urnes décorées. Des panneaux invitant les habitants à voter tôt ou à "choisir le meilleur et le plus compétent" sont affichés à l'extérieur.
Il est interdit de faire campagne à Cuba et les électeurs ne disposent que d'une photo et d'un petit texte de présentation des candidats pour se décider. Les autorités annonceront les résultats lundi soir. Dans de nombreuses villes, deux ou trois candidats s'affrontent et un second tour sera nécessaire la semaine prochaine là où aucun n'aura obtenu la majorité absolue.
Les opposants et les organisations des droits de l'Homme boycottent ces élections. La dissidente Martha Beatriz Roque, déjà emprisonnée pour ses opinions, a souligné que le vote n'est pas secret, puisque les candidats sont désignés à main levée par les conseils de quartier, où personne n'ose se prononcer pour les personnalités de l'opposition. "Elles ne sont pas démocratiques, alors nous ne pouvons pas les appeler élections", a-t-elle tranché.
http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5jhKMsgR0f2tdC-zTCVeifp00TiJg
21 octobre 2007
Cuba : un long dimanche électoral
Cuba : un long dimanche électoral
Les Cubains votent ce dimanche. C'est la première étape d'un cycle électoral qui s'achèvera par la désignation de leur président et pourrait mettre fin au suspens autour du maintien de Fidel Castro à la tête de l'Etat.
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Source:Belga - 20 oct 2007 10:25
Éloigné du pouvoir depuis le 31 juillet 2006 à la suite d'une opération intestinale, Fidel Castro, le vieux leader cubain, n'a, en principe, cédé la présidence à son frère Raul que de manière provisoire, même si les autorités n'ont depuis jamais garanti son retour aux affaires.
En vigueur depuis 1976, le système électoral dit du "pouvoir populaire", mis en place par le parti communiste cubain qui ne présente officiellement aucun candidat, prévoit d'abord l'élection au vote direct et à bulletin secret de près de 15.000 délégués aux 169 Assemblées municipales du pays. Plus de 8,3 millions d'électeurs, âgés de plus de 16 ans, sont appelés aux urnes à cette occasion.
Le scrutin, prévu sur deux tours les 21 et 28 octobre prochains, devrait être suivi en avril 2008 de la désignation des délégués des 14 Assemblées provinciales ainsi que des 600 députés du Parlement national. L'ensemble de ces élus nommera à son tour les trente et un membres du Conseil d'Etat, c'est-à-dire le gouvernement cubain, présidé depuis son instauration par Fidel Castro.
Selon les observateurs, Fidel Castro ne reviendra sans doute pas au pouvoir, se retranchant désormais dans un rôle de "gardien" de la révolution, tandis que son frère continuera d'impulser progressivement des changements économiques dans l'île.
Mais au-delà du cas de Fidel Castro, les Cubains attendent surtout du gouvernement qu'il améliore leurs conditions de vie en s'attaquant aux bas salaires, au manque de transport ou de logements…
http://www.rtbf.be/info/international/ARTICLE_126594
Des étudiants vénézuéliens dénoncent la réforme constitutionnelle du président Hugo Chavez
Des étudiants vénézuéliens dénoncent la réforme constitutionnelle du président Hugo Chavez
LE MONDE | 19.10.07 | 15h22 • Mis à jour le 19.10.07 | 15h22
Des étudiants vénézuéliens ont pris la tête de la mobilisation contre la réforme constitutionnelle proposée par le président Hugo Chavez. "La réforme ouvre la voie à une présidence à vie de Chavez et ne garantit plus l'alternance politique, affirme Alexis Cabrera, 21 ans, étudiant à l'université publique Simon-Bolivar, à Caracas. Les modifications proposées réduisent nos droits constitutionnels."
Lorsque Radio Caracas Television (RCTV) a été retirée des ondes hertziennes, fin mai, le mouvement étudiant a pris son essor et manifesté dans tout le pays. "Dans une université aussi peu politisée que la mienne, nous avons fait des assemblées de deux à trois mille personnes", raconte Gustavo Gandica, 23 ans, étudiant en économie à l'université privée Santa Maria, à Tachira.
"Alors que la jeunesse était plutôt apathique et absentéiste lors de la réélection de Chavez, le 3 décembre 2006, les récentes élections aux centres d'étudiants des universités publiques et privées ont enregistré un taux de participation supérieur à 80 %, souligne Alexis Cabrera. Les chavistes ont obtenu de 5 à 10 % des votes."
En vue de la rentrée, les centres d'étudiants de quarante-deux universités publiques et privées et huit instituts technologiques ont élu un "Parlement étudiant", constitué de 167 représentants des 300 000 étudiants du pays. Leur "commission internationale", dont font partie Alexis et Gustavo, a fait le voyage en France et en Espagne, pour tirer la sonnette d'alarme à propos de la réforme constitutionnelle.
"AGENTS DE LA CIA"
Mardi 16 octobre, le Congrès vénézuélien a entamé la dernière étape de l'approbation de la réforme, qui sera soumise à un référendum le 2 décembre. Outre les 33 articles de la Constitution que le chef de l'Etat entend changer, les députés "chavistes" proposent des modifications portant sur 25 autres articles. Cette surenchère a provoqué les protestations des trois principaux alliés de M. Chavez : les partis Podemos et Patrie pour tous (sociaux-démocrates), et le Parti communiste vénézuélien.
Les droits de la défense et la liberté de la presse seraient suspendus pendant l'état d'urgence, qui n'aurait plus de limite dans le temps. "Chavez pourrait invoquer l'état d'urgence pour suspendre des droits fondamentaux", estime l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch. Reporters sans frontières a également exprimé son inquiétude.
Les "chavistes" crient "No volveran" (ils ne reviendront pas) à l'adresse des opposants, à la manière du "No pasaran" des antifascistes espagnols. "J'ai 19 ans, je ne suis nullement responsable du passé, ni des erreurs de l'opposition", plaide Patricia Quiñones, élue du "Parlement étudiant", inscrite en administration à l'université publique d'Orient, dans l'île de Margarita. "Le gouvernement Chavez traite les étudiants d'agents de la CIA, alors que nous nous battons pour le pluralisme et la réconciliation nationale", ajoute-t-elle, exaspérée par la polarisation croissante.
A en croire le "Parlement étudiant", la réforme constitutionnelle entraîne une militarisation du pays et l'imposition d'un socialisme autoritaire, inspiré du modèle castriste.
Dimanche, au cours de son émission "Allô, président !", M. Chavez a déclaré que Cuba et le Venezuela ont "au fond un seul gouvernement".
Paulo A. Paranagua
Article paru dans l'édition du 20.10.07.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-968823,0.html?xtor=RSS-3210
Fidel Castro se moque des élections américaines à la veille des municipales cubaines
Fidel Castro se moque des élections américaines à la veille des municipales cubaines
Il y a 11 heures
LA HAVANE - Le système électoral américain est corrompu par l'argent des entreprises, qui sert au "lavage de cerveau" des rares Américains qui votent encore, affirme Fidel Castro dans un petit texte accusateur publié samedi, à la veille des élections municipales à Cuba.
Les élections municipales cubaine, auxquelles se présentent environ 37.000 candidats pour 15.000 sièges, marquent le début d'un processus électoral complexe qui va se poursuivre jusqu'aux législatives du printemps. Ce système compliqué, avec des scrutins multiples, "est l'antithèse de celui en vigueur aux Etats-Unis", affirme le Lider Maximo dans un texte publié dans le journal du Parti communiste Granma.
"Là-bas, ce qui compte, c'est d'être riche ou de pouvoir compter sur beaucoup d'argent", écrit-il, ajoutant que cet argent est utilisé pour "un lavage de cerveau et la création de réflexes conditionnés".
"De moins en moins de citoyens se rendent aux urnes", ajoute-t-il, "il y a des fraudes, des coups bas, de la discrimination à l'encontre des minorités ethniques et même des violences".
A Cuba, les règles électorales interdisent de faire campagne et seuls une photo et une présentation écrite des candidats aident les électeurs à faire leur choix. Chaque citoyen de plus de 16 ans peut voter. Le vote n'est pas obligatoire, s'abstention signifie souvent attirer l'attention, dans un pays où les comités de défense de la révolution conservent des fichiers sur les habitants.
Des petits groupes de dissidents prévoient de boycotter le scrutin qu'ils jugent antidémocratique.
Le processus électoral en cours pourrait aboutir au remplacement de Fidel Castro, très malade depuis plus d'un an, par son frère Raul, qui assure l'intérim.
http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5gdFufkVFlcWCsuw_3NPlhnmF9h-A
Raul Rivero raconte ses conditions de détention
Raul Rivero raconte ses conditions de détention
J'avais droit à vingt-cinq minutes de téléphone par semaine, et Blanca Reyes, ma femme, me faisait des synthèses de ce qui se passait. Et, tous les trois mois, pendant les deux heures de visite auxquelles nous avions droit, elle m'informait aussi, me disait que telle personne avait écrit tel article. Tout cela m'aidait à garder ma sérénité mentale. Car la première année a été très dure en prison : j'étais dans une cellule d'isolement, dans des conditions humiliantes. Je passais quatre heures à écrire, et autant à lire : comme une journée de travail. C'est ce que je m'étais fixé. Mais parfois, vu les conditions difficiles, ce rythme était bouleversé. Par exemple, il n'y avait de l'eau que quinze minutes par jour. Il fallait alors vite remplir les bouteilles, se laver rapidement. On nous sortait aussi quarante-cinq minutes au soleil, menottés, dans une cellule de mêmes dimensions (6 m2) mais sans toit. L'insomnie aussi pouvait influer sur ce programme : il y avait dans la cellule des grenouilles qui me sautaient dessus au milieu de la nuit et me réveillaient en sursaut, des grillons qui s'installaient dans un coin et m'empêchaient de dormir.
Il faut se constituer une sorte de forteresse spirituelle pour s'en sortir. Ces nouvelles que me transmettait Blanca étaient très importantes. Savoir qu'un ami en Espagne avait écrit un article, que Gallimard avait publié un de mes livres (je mourais d'envie de voir la couverture ! C'est le genre de choses importantes pour un écrivain…). Savoir qu'il y avait des personnes que j'aime beaucoup, et qui ont été très impliquées, comme Zoé Valdés, et d'autres que j'admire sans les connaître. Je ne m'attendais pas à une telle réaction, de la même façon que le gouvernement cubain ne s'y attendait pas.
Aviez-vous accès à des livres, à des journaux ?
Ma femme pouvait m'apporter des livres, et j'avais aussi un petit poste de radio, qui transmettait les informations cubaines. Mais pas de télévision, et, seulement de façon sporadique, Granma (quotidien officiel du Parti communiste cubain, ndlr), rien de plus. Mais j'ai pu recevoir des livres de poésie, des romans, un dictionnaire de la langue espagnole, qui m'a aidé pour écrire mes poésies. La poésie a été un refuge ; j'ai même écrit un livre de poèmes en prison.
C'était plus compliqué pour sortir les textes de la prison. La police avait fixé un thème : ce ne devait être que des poèmes d'amour. Alors je les donnais à un officier de la police politique et les poèmes «approuvés» étaient transmis à mon épouse. Ce livre, qui est donc passé par les yeux attentifs de la police, va bientôt sortir en Espagne. Ceux qui n'étaient pas approuvés m'étaient rendus, et il y en avait d'autres que je ne soumettais pas à la lecture, parce qu'ils touchaient à d'autres thèmes : l'expérience en prison, les histoires de détenus, des petits événements. Par exemple, un jour, un papillon est passé devant la fenêtre grillagée de la cellule, et j'ai passé toute la journée à attendre qu'il repasse. Il n'est pas revenu, alors je l'ai imaginé et j'ai écrit un texte.
Dans une cellule d'isolement, la vie s'arrête, on reste seul avec ses souvenirs. ça a été une étape très sombre, j'avais une condamnation très lourde (vingt ans de prison, ndlr), j'avais déjà 57 ans au moment de mon arrestation, je ne savais pas quand j'allais sortir de là… parfois je me sentais étouffé, par l'éloignement de ma famille, de ma mère, très âgée, de mes filles.
extrait d'une ITV de Jean Baret pour Libération
http://blog.ouketi.com/2004/12/24/17/raul-rivero-raconte-ses-conditions-de-detention/
18 octobre 2007
Illusions perdues à La Havane
Illusions perdues à La Havane
Dans le Cuba d'avant Castro, la romancière Mayra Montero réinvente les cabarets, les grands hôtels, le zoo et la mafia.
Philippe Lançon
QUOTIDIEN : jeudi 18 octobre 2007
Mayra Montero La Havane, 1957 Traduit de l'espagnol (Cuba) par Serge Mestre. Gallimard, 326 pp., 22,90 euros.
Une femme cubaine qui pense au sexe préparerait-elle un bifteck – là-bas, on dit bistek – à l'homme qu'elle attend ? C'est le genre de questions que se posent, dans La Havane, 1957, les personnages de Mayra Montero. La réponse ne fait aucun doute : c'est oui, probablement avec beaucoup d'oignons sur le bifteck. Ils finissent par la trouver. Entre-temps, un attentat, les sentiments, des meurtres de la mafia, l'assassinat d'un frère par la police politique cubaine, la splendeur des hôtels et des cabarets, la pourriture d'un régime finissant ou la résurgence de quelque fantôme, tout les a mis en état de frénésie et de perte. Qu'ont-ils perdu ? Appelons ça : l'innocence. L'innocence est un récit. Elle a frit dans les limbes. Elle existe à titre de regret, de désir, d'avenir. Ou sous forme animale.
«Je suis très animalière», dit Mayra Montero, qui ne mange pas de volaille, puisqu'elle en élève pour la regarder vivre. Sa résidence secondaire, à Porto Rico où elle vit depuis 1970, est située dans l'un des rares endroits frais de l'île. Elle est occupée par des chats, des chiens, des faisans, et dix-neuf paons, dont l'un est borgne : «Je les ai vu sortir de l'œuf, je suis leur mère. Quand ils bougent, on dirait un poème de Rubén Darío.» Rubén Darío est le poète nicaraguayen qui, à la fin du XIXe siècle, renouvela la poésie espagnole en y injectant le symbolisme, une certaine musique. Il aimait Verlaine. Mayra Montero aime Ungaretti, Pavese et le Siècle des lumières, d'Alejo Carpentier.
«Caméléon». Elle a 54 ans et l'acuité enfantine des personnes qui vivent toujours entre deux mondes, comme installées sur un bac. Ses souvenirs la repassent de l'intérieur. Outre ses romans et les mémoires du pianiste et compositeur Narciso Figueroa, élève d'Alfred Cortot, elle écrit une chronique, chaque dimanche, dans le quotidien El Nuevo Dia. Mayra vit à Porto Rico, mais tout en elle respire Cuba : faconde, naturel, bon sens, extravagance, appétit. Est-elle portoricaine ? «Je suis amphibie, dit-elle. Ou caméléon. Je change de fréquences et de couleurs à volonté.» Et elle cite un poème «très rebattu» : «Cuba et Porto Rico sont/Les deux ailes d'un oiseau/Ils reçoivent des balles et des fleurs/qui vont droit au même cœur.» Une image du roman résume ses visions. On est en 1946. Le gangster Meyer Lansky inaugure à La Havane l'hôtel Nacional. Il est dans la cuisine avec des associés : «Dans un angle, près des éviers, respirant imperceptiblement et frissonnant de temps à autre, on pouvait apercevoir des flamants roses.» Ils sont une dizaine, d'un «rose intense, empilés les uns sur les autres» : «Ça faisait peine de les voir dans cet état, presque morts, mais pas suffisamment inconscients pour ne pas comprendre qu'ils se trouvaient dans un endroit hostile.»
Les romans de Mayra Montero sont traversés par des animaux qu'on achève. Dans Toi, l'obscurité, un scientifique américain recherche dans les montagnes d'Haïti le dernier spécimen d'une grenouille, dite grenouille du sang, parce qu'elle est rouge et semble saigner sous la pluie. Ces montagnes sont pleines d'épineux, de scorpions, de fous, de revenants. Le scientifique se noie et la grenouille disparaît.
Avec les esprits et les jeunes, les animaux servent de messagers. En général, ils annoncent la mort. Le Messager, de Joseph Losey, est l'un des films préférés de Mayra. C'est le titre en français de l'un de ses meilleurs livres. Il évoque la dernière tournée de Caruso à Cuba, en 1920, et imagine la fuite du ténor vieillissant dans l'amour et vers la mort, jusqu'à Trinidad, terre d'insomnie. Caruso chantait Aïda, de Verdi, quand une bombe a explosé dans le théâtre : ce point de départ est vrai. Comme est vrai un souvenir de l'écrivain : «A La Havane, nous avions pour voisin un notaire qui écoutait sans cesse de l'opéra. Il est parti très vite, en 1962, et nous a laissé tous ses disques. Il y avait de nombreux enregistrements de Caruso.» Ensuite, le roman tisse les vivants et les morts. L'innocence les unit, puis ils s'éloignent et elle meurt.
Autre souvenir, autre fiction. Vers la fin de La Havane, 1957, le patron d'un restaurant juif, Boris, est tué sous l'œil d'une fillette dans la rue Compostela. Boris a existé. Mayra Montero avait 5 ans, ses grands-parents vivaient ici. «Je ne me souviens de rien, dit-elle, mais on dit que j'étais là, avec mon grand-père, quand Boris est mort. Il m'offrait souvent des bonbons. Il n'a pas été tué par des mafieux, comme dans le roman, mais par des révolutionnaires : c'était un délateur.» La Havane, 1957 est dédié à ses grands-parents. Ils venaient de Galice et tenaient une quincaillerie. Le grand-père fonda un club de Galiciens au bord de la mer. Mayra y a passé son enfance. On y dansait.
La capitale cubaine est la cité de l'innocence perdue : celle qui s'insinue. L'écrivain y a vécu jusqu'à 18 ans. De cette époque, il lui reste un chemisier et des boucles d'oreille : «Le chemisier est en laine bleue, avec des fleurs et un col serré. Je me souviens de ce que je mettais avec. Quand je suis déprimée, ça me soulage. Les boucles d'oreille ont été offertes par ma grand-mère pour mes 15 ans.» Elles appartenaient à la collection d'un homme politique. Un jour, la grand-mère visite la collection et admire les bijoux. L'homme ouvre la vitrine et les lui offre.
La Havane, 1957 se déroule entre 1946 et 1959, à l'apogée morbide de la splendeur et des vices de la ville, de sa vie corrompue et artistique. La mafia ouvre des boîtes de nuit, des bars, des hôtels. Le Capri, le Sans-Souci… Par les voix alternées d'un jeune journaliste et de son amie, une manchote de cirque devenue ombre de cabaret, la romancière réinvente l'origine de ces lieux. Certains existent toujours. Les habitants les font visiter à leurs amis étrangers comme des bases fermes d'orgueil et de honte : des Louvre vivants où des célébrités et des putes jailliraient, sous forme de fantômes ou de caricatures, d'une copie tropicalisée de Rubens ou de Watteau. En espagnol, le roman s'appelle Son de almendra. Almendra est le titre d'un célèbre danzón, une danse cubaine qui vient de la contredanse française. Elle débute lentement, dans un balancement de menuet, puis accélère, en rapprochant les corps. C'est en regardant un couple danser au début du livre que le journaliste comprend la sensualité ; c'est en le regardant à la fin qu'il saisit ce qu'il a perdu. Et c'est comme si la danse devait lui survivre.
Euphorie. Il arrive qu'on retrouve l'innocence au zoo. Les écrivains cubains parlent des zoos comme personne. S'y promener est une épreuve comique : les fauves meurent de faim, les vautours attendent la fin du régime. Dans le dernier roman de Pedro Juan Gutiérrez, le Nid du serpent (Albin Michel), un lion du zoo de Matanzas dévore, en 1965, un petit singe affolé qui s'est égaré dans sa cage. Dans celui de Mayra Montero, des hommes de main américains et cubains tuent, douze ans plus tôt, un hippopotame pour adresser un message à un gangster qui le recevra trop tard. Les scènes sont décrites avec une euphorie gourmande, comme si la mort était la préparation d'un plat. Aujourd'hui, à l'époque du moralisme à retardement, on écrit nombre d'horreurs sur la Révolution cubaine. Beaucoup sont justifiées, quoiqu'un peu tardives. L'un des mérites de La Havane, 1957 est de rappeler que, sous ses jolies lumières, le régime qui la précéda fut une Babylone relativement sinistre.
Les animaux de son zoo romanesque mangent de la viande de cheval mélangée à celle d'hommes qu'on exécute régulièrement. Ces hommes disparaissent à l'aube. Ils sont les déchets des nuits qui troublèrent La Havane. Vers la fin, le jeune journaliste, qui a enquêté sur les liens entre l'hippopotame et la mafia, doit, sous l'œil des tueurs, et pour avoir écrit quelques vérités, découper des cadavres qui finiront dans le ventre d'un lion. Mayra Montero a interrogé un vieux vétérinaire du zoo. Il nourrissait jadis les fauves avec des chevaux. Il se rappelait la mort d'un hippopotame qui s'était échappé. Les romans naissent aussi de ce genre de choses.
Préparez vos hachoirs : ces scènes violentes paraissent rendre hommage à des films comme Donnie Brasco ou le Parrain. Le roman est saturé de cinéma. Mais La Havane, dans ces années-là, c'était du cinéma. Et ça continue, dans le genre sépia : cette ville a toujours permis aux étrangers et aux exilés de se faire leur cinéma. Adolescente, à la Havane, Mayra Montero retournait souvent voir avec ses amies les Parapluies de Cherbourg, «pour avoir l'infini plaisir d'aimer et de pleurer, toujours autant, et plus si possible». Dans son panthéon, il y a aussi Mort à Venise et Autant en emporte le vent. L'acteur qui est au centre du roman a existé : c'est George Raft. Il jouait les gangsters au cinéma, faisait des affaires avec eux dans la vie. Il ouvrit l'hôtel Capri, dans lequel il avait des parts. Il était célèbre à Cuba. L'employé qui nourrit les animaux du zoo avec du supplément d'homme est l'un de ses fans. Chaque jour, il se prend pour l'un de ses personnages. Il finit par le rencontrer. Sous les flashs, mû par un réflexe, il se penche vers l'acteur et embrasse sa bague, comme celle d'un évêque, et «Raft avait eu peur […] de ce qu'il perçut au fond de lui, qui avait quelque chose à voir avec une supplantation, avec ce que cet homme ressentait secrètement : l'atroce solitude du dompteur de fauves».
Mayra Montero a quitté Cuba sans le vouloir, pour suivre sa famille. Son père, Manuel, écrivait des textes pour la radio, la télévision, les journaux, les théâtres populaires. On l'appelait El Membrillo, le coing. «Il y avait toujours des artistes à la maison, se souvient-elle. Mon père était un homme joyeux, très liant, plus cubain que moi.» En 1967, le jour de la mort du Che, l'une de ses chroniques est supprimée. «Sa couronne m'a coûté 45 pesos», blague-t-il devant des collègues. L'un d'eux le dénonce. On l'envoie bêcher à la campagne. A son retour, plus de travail.
Erotisme. «Je rejetais un peu mon père, poursuit-elle. Je trouvais ses émissions vulgaires. J'étais très snob et je voulais connaître les vrais écrivains, les poètes.» Elle devient l'amante de l'un des meilleurs d'entre eux, Luis Rogelio Nogueras, dit Wichy. Il est marié. Vers 30 ans, il écrivait : «Mais je suis encore maître du monde/Et je le serai/Tant que là-haut/Ne se dissipent pas les nuages de mon enfance/Ne s'éteignent pas les vieux désirs.» Il meurt à 40 ans, en 1985. Mayra parle de lui avec un feu tranquille qui ne s'éteint pas. La veuve est devenue son amie. C'est elle qui l'a mise en contact avec le vétérinaire du zoo.
Les messagers de Mayra ont une humidité tremblante : l'érotisme sature leurs passages. Dans Pourpre profond, un critique musical fait l'inventaire des mœurs nocturnes des solistes qu'il a aimés, hommes et femmes. On y apprend que les violoncellistes hurlent et que «les pianistes escamotent instinctivement leurs mains et, dans le souci de les protéger lorsqu'ils couchent avec quelqu'un, n'appuient presque pas leurs caresses».
Enfant, dans la bibliothèque de son père, elle découvre un conte théâtral écrit anonymement par Musset, Gamiani ou deux nuits d'excès. Elle le relit en douce, souvent. Le jeune Alcide épie les ébats de la comtesse Gamiani et d'une jeune femme, Fanny, avant de les rejoindre. Il tombe amoureux de Fanny. A la fin, la comtesse meurt «dans la rage du plaisir, dans la rage de la douleur», pleine d'une «sensualité atroce». « L'imagination était frappée, écrit Musset, elle dépassait tous nos plaisirs.» Mayra Montero est allée voir la tombe de l'écrivain au cimetière du Père-Lachaise.