22 octobre 2007
Elections municipales à Cuba
Elections municipales à Cuba
LA HAVANE - Les Cubains votaient dimanche pour élire leurs conseillers municipaux, un scrutin qui ouvre un processus électoral complexe qui se terminera l'an prochain sur les législatives et l'éventuel remplacement de Fidel Castro.
Le prochain Parlement pourrait en effet décider de remplacer Fidel Castro, 81 ans et très malade depuis plus d'un an, par son frère Raul, qui assure l'intérim à la présidence du Conseil d'Etat, l'organe suprême du régime cubain.
Fidel Castro, président depuis 1976, est apparu lucide ces derniers temps, mais il semble toujours en petite forme. Il ne devrait pas quitter le lieu, secret, dans lequel il se repose et votera sans doute pas correspondance.
Quelque 37.258 candidats se disputent les 15.236 sièges et les médias officiels affirment que 95% des 8,3 millions d'électeurs pourraient se rendre aux urnes. Le vote n'est pas obligatoire, mais peu d'électeurs tiennent à attirer l'attention des comités de quartier en s'abstenant.
Ainsi, deux adolescents rencontrés sur le bord de mer à La Havane expliquaient qu'ils iraient voter pour éviter des représailles, mais qu'ils ne croyaient pas à ce scrutin. "Rien ne changera", a dit l'un d'eux, sous couvert de l'anonymat.
Les bureaux de vote sont gérés par des enfants qui saluent les électeurs devant des urnes décorées. Des panneaux invitant les habitants à voter tôt ou à "choisir le meilleur et le plus compétent" sont affichés à l'extérieur.
Il est interdit de faire campagne à Cuba et les électeurs ne disposent que d'une photo et d'un petit texte de présentation des candidats pour se décider. Les autorités annonceront les résultats lundi soir. Dans de nombreuses villes, deux ou trois candidats s'affrontent et un second tour sera nécessaire la semaine prochaine là où aucun n'aura obtenu la majorité absolue.
Les opposants et les organisations des droits de l'Homme boycottent ces élections. La dissidente Martha Beatriz Roque, déjà emprisonnée pour ses opinions, a souligné que le vote n'est pas secret, puisque les candidats sont désignés à main levée par les conseils de quartier, où personne n'ose se prononcer pour les personnalités de l'opposition. "Elles ne sont pas démocratiques, alors nous ne pouvons pas les appeler élections", a-t-elle tranché.
http://canadianpress.google.com/article/ALeqM5jhKMsgR0f2tdC-zTCVeifp00TiJg