(Pas le) Centre Ernesto Che Guevara

La vérite sur Cuba que le centre n'ose pas mettre sur son site internet.

06 octobre 2007

Le mythe de Che Guevara toujours vivant 40 ans après la mort de l'homme

Le mythe de Che Guevara toujours vivant 40 ans après la mort de l'homme
samedi 6 oct, 11 h 52
Par Alvaro Zuazo, Associated Press

SANTA CRUZ, Bolivie - Cuba commémorera lundi la mort d'Ernesto "Che" Guevara, le plus célèbre des compagnons d'armes de Fidel Castro, l'homme au béret frappé d'une étoile devenu l'icône de la lutte contre l'impérialisme américain et d'un peu toutes les rébellions contre l'ordre établi.

A la veille du 40e anniversaire de sa disparition, une cérémonie aura lieu sur la tombe où ont été transférés en 1997 les restes du "Che", au pied de l'immense statue de bronze du révolutionnaire, à Santa Clara, dans le centre de Cuba. Le frère de Fidel Castro, Raul, pourrait faire une apparition. Le Lider Maximo âgé de 81 ans qui lui a "provisoirement" cédé le pouvoir exécutif le 31 juillet 2006 poursuit sa convalescence à la suite d'une opération de chirurgie intestinale d'urgence.

Les 40 ans de la mort du "Che" devraient aussi être marqués en Bolivie: des admirateurs se rassemblent dans la jungle où il a été capturé par les soldats boliviens ainsi qu'à La Higuera, où il a été exécuté par balle le lendemain, le 9 octobre 1967. Une nouvelle statue du héros est en cours d'érection dans son Argentine natale, le Venezuela organise un festival d'art et de musique en son honneur. Et à Mexico, des étudiants peignent de gigantesques portraits du Che dans le métro.

Car Che Guevara continue d'inspirer ferveur et fureur dans le monde. "Pourquoi pensaient-ils qu'en le tuant, il cesserait d'exister en tant que combattant? Aujourd'hui, il est partout, partout où il y a une juste cause à défendre", avait lancé Fidel Castro en 1997.

Aux yeux du président vénézuélien Hugo Chavez, le "Che" reste "un exemple" pour les jeunes gens d'Amérique latine qui se battent pour un "meilleur avenir".

Qui ne connaît aujourd'hui la photo du "Che" réalisée par Alberto Korda en 1960: cheveux au vent, le regard déterminé et portant un béret décoré d'une étoile, le révolutionnaire alimente un commerce florissant, et on le retrouve sur toutes sortes d'affiches, T-shirts et autres objets lui rendant hommage ou raillant ses idéaux.

Le général bolivien à la retraite qui l'a capturé, dépeint, lui, un autre Guevara dans ses derniers instants. Un homme triste, malade, affamé, vêtu de haillons et seul dans la jungle, qui a simplement laissé tomber son pistolet et s'est rendu sur ces paroles: "Ne tirez pas, je suis le Che". Dans un entretien accordé jeudi à l'agence Associated Press, Gary Prado ne cache pas son amertume, reprochant au président bolivien Evo Morales de rendre hommage à Che Guevara plutôt qu'aux 55 soldats qui ont mis la révolution en échec dans le pays.

Fidel Castro affirme quant à lui que Guevara n'a été pris que parce que son arme fonctionnait mal. Selon Gary Prado, l'ordre n'est pas venu des agents de la CIA participant à l'opération mais du président bolivien, désireux d'éviter la publicité d'un procès.

Ceux qui l'ont côtoyé font le portrait d'un "Che" exigeant, avec lui-même comme avec les autres. "Il faisait toujours ce qu'il avait dit qu'il ferait", se souvient Alberto Granados, qui a traversé l'Amérique du Sud à moto avec le jeune Ernesto en 1952.

Les ennemis cubains du Che, qui vivent en exil, rappellent qu'une fois au pouvoir il a supervisé les tribunaux militaires et les exécutions de centaines de personnes liées à la dictature renversée de Fulgencio Batista.

A la fin du mois, un exilé cubain et ancien agent de la CIA Gustavo Villoldo, 71 ans, qui habite désormais en Floride, mettra en vente aux enchères aux Etats-Unis une mèche de cheveux qu'il affirme avoir prélevée sur la tête du rebelle mort en Bolivie. Reste à savoir qui l'achètera: des fans, ou des exilés soucieux d'empêcher la vénération d'une nouvelle relique? AP

http://cf.news.yahoo.com/s/capress/071006/monde/che_guevara_deces_annive_1

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40 ans après sa mort, le Che ne fait plus rêver

40 ans après sa mort, le Che ne fait plus rêver      
06/10/2007 10:36

Longtemps considéré comme un mythe intouchable, on sait aujourd'hui que le Che n'était pas un révolutionnaire idéaliste

Le cubain le plus célèbre du monde est né Argentin : Ernesto Che Guevara de la Serna voit le jour le 14 juin 1928 à Rosario dans une famille de la petite bourgeoisie aisée. Rien ne semble prédisposer le jeune Ernesto à prendre le chemin de la lutte armée : de constitution physique plutôt fragile, il est asthmatique.

Le Che fait partie des 12 survivants débarqués clandestinement et en catastrophe en novembre 1956 sur les côtes cubaines avec Fidel Castro.

A partir de 1959,durant les premiers mois qui suivent la victoire de la révolution cubaine, le comandante Guevara se retrouve à la tête de la prison de la Cabana, une ancienne forteresse coloniale de La Havane. Sa mission : superviser les exécutions des anciens du régime de Batista, puis de révolutionnaires jugés trop timorés. Les tribunaux révolutionnaires siègent sans discontinuer dans toutes les casernes, sous les ordres de Raúl Castro, le frère de Fidel et à la Cabaña sous les ordres de Guevara. Dariel Alarcón Ramírez, dit « Benigno » ancien compagnon d'arme du Che recueille les témoignages des soldats qui décrivent Guevara observant les exécutions, en fumant un cigare sur le mur qui surplombe le fossé de la forteresse. « Pour ces soldats qui, jamais auparavant, n'avaient vu le Che, c'était quelque chose d'important. Cela leur donnait beaucoup de courage », raconte-t-il aujourd'hui.

Aujourd'hui le plus célèbre des guérilleros de la Sierra Maestra est devenu un produit touristique du régime cubain au même titre que le rhum et les cigares. Le Che est partout : sur les badges, les tee shirts, les porte clés, les montres, les posters, les cartes postales vendues dans les boutiques d'État.

Triste fin pour un héros de la révolution : voir sa propre effigie délaissée au profit du dollar, le plus méprisable des symboles de l'impérialisme américain. Les gamins de La Havane ont flairé la bonne affaire : ils essaient de vendre aux touristes les pièces de trois pesos à l'effigie du Che, pour trois dollars. Bénéfice escompté : près de 75 pesos (un demi SMIC cubain) puisqu'aux dernières nouvelles, le dollar s'échangeait à 25 pesos. Même les boutiques d'État dans les hôtels pour touristes se livrent à ce trafic peu glorieux : vendre billets et pièces à l'effigie du Che pour leur valeur en dollar.

Récemment un livre intitulé "La face cachée du Che" (Jacobo Machover) fait la lumière sur qui était véritablement le Che. Un stalinien intransigeant, loin, très loin du Robin des Bois tropical dans lequel des générations entières ont cru voir l'incarnation de l'idéal révolutionnaire.

"J'ai longtemps figuré parmi les admirateurs de Che Guevara" confesse Jacobo Machover dans une phrase d'introduction quasi proustienne de son dernier essai. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas le seul à avoir commis cette erreur de jeunesse. En effet qui n'a jamais eu son T shirt, ou son poster "Che" pour souligner son esprit de rébellion, où son attachement, même très théorique, aux idéaux révolutionnaires ? "La figure du Che est devenue oecuménique" poursuit Machover "elle a perdu tout sens. Elle reflète un mélange de modernité, d'idéalisme vers un futur plus attractif, et de nostalgie envers un temps qui n'est plus."

Le Che est partout, mais il n'est nulle part dans ce qui reste du socialisme cubain dont il avait lui-même posé les bases. Pas un jour sans que la propagande officielle ne célèbre un des faits d'armes de l'autre Comandante, ou ne rappelle une de ses citations pour tenter de démontrer laborieusement la fidélité du régime castriste aux idéaux du Che. Granma a beau insister lourdement sur son goût pour le travail volontaire et ressasser ses efforts pour augmenter la productivité et l'émulation, il ne reste pas grand-chose dans le Cuba d'aujourd'hui de « l'homme nouveau » que la révolution devait engendrer selon le Che. "Le Che mort deviendrait le meilleur ambassadeur planétaire de la révolution cubaine, ce qu'il n'avait pas été de don vivant" résume Machover.

http://www.cubantrip.com/pagenews/06/10/2007/422/40_ans_apres_sa_mort_le_che_ne_fait_plus_rever.html

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